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CHAPITRE VIT

tios, serviteur qu'Eumée lui-même a acheté en l'absence de son maître, sans le secours de Pénélope, ni du vénérable Laerte. Des navigateurs taphiens le lui ont vendu, et il l'a payé de ses propres richesses. »

Le serviteur d'Ulysse a donc lui-même des esclaves, et ce qu'en dit le poète nous permet de juger de leur situation :

« Tu sais ce que peuvent les esclaves, toujours tremblants, qui obéissent à de jeunes maîtres. Hélas! les dieux empêchent le retour de celui qui me chérissait. Celui-là m'eût accordé des richesses, une maison, une part dans les champs et une femme attrayante, comme le fait un maître bienfaisant, quand son fidèle serviteur a souffert de rudes fatigues, et qu'un dieu a fécondé ses travaux. Mon labeur, gr^ce aux dieux, prospère, et mon maître m'eût richement récompensé s'il eût vieilli dans cette île (1). » — i

On trouve des exemples de ces générosités. Il l résulte d'un plaidoyer de Démosthène (2) quePorion avait, peu de temps avant sa mort (370), affranchi Phormion, lui laissant en bail sa banque, et, par son testament, l'engageait à épouser sa femme.

Mais ces exemples paraissent avoir été rares. Les affranchissements « que mentionnent les inscriptions de Delphes, dit M. V. Allard (3), n'étaient que des marchés où l'esclave se rachetait à prix d'argent, mais seulement après la mort de son maître. Le

(1) Odyssée, chant XIV.

(2) ÂPOLLODORE, Contre Timothée.

(3) Les esclaves chrétiens, liv. III, ch. I, p. 341.

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maître en gardait l'usufruit toute sa vie, à quelque l^^^^pnq np qu'eût eu lieu l'affranchissement. »

Lorsque, en 146, Mummius prit et brûla Corinthe, (( les Romains tuèrent la plus grande partie de ceux qui y étaient restés ; il vendit à l'encan les femmes et les enfants et môme les esclaves qui avaient été affranchis (1). »

L'affranchissement était une chose sacrée, puisque Pausanias constate comme un fait digne de remarque, l'acte de Mummius, qui, en sa qualité de vainqueur, ne l'avait pas respecté.

Les esclaves qui combattirent reçurent la liberté dès qu'on leur mit les armes à la main, d'après Pausanias (2), qui rapporte que Diœos, « à Timitation de ce que Miltiade et les Athéniens avaient fait avant la bataille de Marathon, donna la liberté aux esclaves. »

Les esclaves vicieux et rétifs étaient condamnes au pétrin ou à la meule. Un jour dans l'année, ils étaient les égaux de leurs maîtres qui les recevaient à leur table et les servaient eux-mêmes. C'était le douze d'hécatombéon, pour les fêtes célébrées en l'honneur de Ghronos.

(1) Pausanias, Achaïc, XVI.

(2) Achaïc, XV.

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