CHAPITRE
drachmes par tête, d'autres disent d'une mine. La somme s'éleva à cent trente talents. »
Pour que Diphilos s'exposât à une si grosse amende et à la mort, il fallait que les colonnes enlevées eussent une valeur considérable.
Dans le Parnès, « on allait chasser aux sangliers et aux ours, et le mont Hymette est le lieu le plus propre que l'on connaisse à l'éducation des abeilles (l). »
La superficie de l'Attique est évaluée par Clinton à 1,858 kilomètres carrés (2). L'île d'Égine en a 106, celle de Salamine 72. Elles ne peuvent être séparées d'Athènes. Indépendantes, soumises ou hostiles, leur nom est étroitement lié à celui de la métropole de l'Attique.
Si la fortune d'un peuple et d*une ville se mesurait à l'étendue de son territoire, l'Attique et Athènes seraient presque au dernier rang dans la Grèce. La Mégaride et Mégare seules viennent après elles.
L'île d'Eubée semblait se mouvoir dans l'orbite de l'Attique et lui appartenir, quoiqu'elle ait presque le double de son étendue (3,638 kilom. carrés). Mais l'esprit lourd de ses habitants et des dissensions continuelles devaient la livrer à une voisine puissante, dont l'œil était ouvert sur tout ce qui pouvait favoriser sa politique.
L'Eubée était riche en blé et en chevaux. Presque inaccessible du côté de l'Asie, elle a des ports sur la côte occidentale. Ses villes furent importantes, et l'une d'elles, Érétrie, pouvait à l'époque de sa puissance, armer trois mille fantassins, six cents cavaliers et soixante chars.
(l) Pausànias, Attique^ 22. (2) Fasti HeUenici.
Elle n'en fut pas plus redoutable. Soumise à la domination d'Athènes, pénétrée par ses colons dont quatre mille vinrent, en une seule fois, occuper un de ses plus riches territoires, elle ne sut défendre ni son indépendance ni son honneur. Lâche devant les Perses, elle en fut cruellement punie par ces maîtres d'un moment. Épuisée par les luttes de l'aristocratie et de la démocratie, tour à tour victorieuses et implacables, elle ne joua qu'un rôle effacé, quoique au centre des plus grands événements.
Ses riches mines de fer fournissaient vainement des armes à ses guerriers ; il est vrai qu'ils les tournaient de préférence contre eux-mêmes. On en faisait des épées d'une trempe excellente. Eschyle le rappelle quand il dit : « Ce guerrier prend en main son épée eubéenne (1). »
Mais du temps de Plutarque, ces mines étaient déjà épuisées. Les relations de l'Attique et de l'Eubée furent rendues très actives par la proximité des rivages. Les échanges se faisaient facilement entre des ports voisins, nombreux et sûrs.
Mais c'est du côté du golfe Saronique qu'Athènes déploya son génie commercial et sa puissance maritime. Elle touchait à la Mégaride, à la Gorinthie, à l'Argolide. Elle y trouvait des débouchés pour ses marchandises, des alliés pour sa politique, des ennemis que ses matelots et ses soldats allaient atteindre. C'est là qu'était Athènes et que se concentrait la vie. C'est sur cet espace si restreint, sur cette cote occidentale qui regarde l'Europe, comme pour lui apporter la lumière, que se sont passés les événe-
(l) Plutarqde, Pourquoi les oracles ont cessé.