‹ Les institutions d'AthènesChapitre 22 sur 335 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ments qui ont attiré l'attention et justifié l'admiration des hommes, depuis plus de deux mille ans. C'est de là que s'est répandue dans le monde l'influence la plus souveraine et la plus légitime qu'un peuple ait exercée.

Il en résulte que, trop souvent, avec une injustice à laquelle ne se prête pas la complicité de l'histoire, on ne voit dans toute la Grèce qu'une contrée : l'Attique, et dans cette terre féconde en lieux célèbres qu'une ville : Athènes.

L'Attique et Athènes ont eu l'heureuse fortune de produire ou d'attirer des hommes supérieurs, poètes, historiens, philosophes, architectes, peintres, sculpteurs, guerriers, hommes d'État, qui par leurs écrits, leurs œuvres et leurs actions, ont porté très haut la gloire de cette patrie aimée. Leurs noms nous sont arrivés indissolublement unis, et en les étudiant nous sommes toujours ramenés à cette pensée de La Bruyère : « La vie des héros a enrichi l'histoire, et l'histoire a embelli les actions des héros, ainsi, je ne sais qui sont plus redevables, ou ceux qui ont écrit l'histoire à ceux qui leur en ont fourni une si noble matière, ou ces grands hommes à leurs historiens (1). »

II n'est pas nécessaire de se prononcer sur cette question, pour rendre aux uns et aux autres le tribut de louanges et d'admiration qui leur est dû.

(1) Caractères. Des ouvrages de V esprit.

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Les populations de l'Attique.

1. Les Athéniens se disaient autochthones. Il en eût coûté à leur vanité d'avouer qu'un autre peuple les avait précédés. En témoignage , ils avaient érigé un temple à la Terre, leur mère, et ils paraient leur chevelure de cigales d'or; la cigale, fille du sol, n'émigrant pas, leur paraissait le symbole d'un peuple que rien n'avait pu contraindre à quitter son pays (1).

La religion consacrait cette prétention patriotique. Isocrate rapporte (2) que les cités de la Grèce a envoyaient à Athènes les prémices de leurs moissons. La Pythie les obligeait à accomplir ce devoir religieux, parce que en Attique était née et de l'Attique était sortie l'agriculture, pour se répandre dans la Grèce. » Le témoignage de la Pythie, oracle Dorien, en faveur de la ville Ionienne, est important à recueillir, bien qu'il n'appuie que d'une m.anière indirecte la prétention d'Athènes.

C'est de l'Asie-Mineure que sont venus les premiers habitants de la Grèce. On comprend difficilement une nombreuse émigration ; il est plus probable que des tribus, des peuplades ont quitté les lieux où elles s'étaient primitivement fixées, et que,

(1) V. Thucydide, I, 03, 1, II, 36, 1, II, 74, 2.

(2) Panégyrique, 31.

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