‹ Les institutions d'AthènesChapitre 210 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

des conditions spéciales dans lesquelles se révèlent les traits particuliers à chaque race.

Si la famille est fortement constituée, il est impossible que la société politique ne réunisse pas des principes féconds de vie et de prospérité. Si ses rapports sont mal établis, si le lien n'est pas étroit et réglé, la société est condamnée à mourir.

La monogamie a été le fondement de la famille grecque. C'est, dit Athénée (l), une loi de Cécrops, par conséquent de l'origine de la ville d'Athènes. Les exceptions que l'on peut signaler sont dues à des circonstances graves, comme une peste, une guerre désastreuse. Elles portent leur appui à une règle générale. Dans Homère , Priam a plusieurs femmes, mais une seule, Hécube, est honorée du nom d'épouse. Le nombre des concubines entretenues au foyer domestique prouvait moins la dissolution des mœurs que la puissance ou la richesse du chef de la famille. Il n'y avait en réalité qu'une femme à qui était réservé l'empire intérieur. La situation subordonnée des autres était un hommage à la morale.

La pluralité et la communauté des femmes, rejetées par les mœurs et les lois des peuples, ont été recommandées et condamnées par la philosophie. « La communauté peut s'étendre aux enfants, aux femmes, aux biens, comme Platon le propose dans sa République; et Socrate y soutient que les enfants, les femmes et les biens, doivent être communs à tous les citoyens (2). » Après avoir ainsi exposé l'opinion de

(1) Déipnosophistes, XIII, 1,

(2) ÂRiSTOTE, Politique, II, 1.

son maître , Aristote prouve qu'elle présente n de bien autres embarras que l'auteur ne semble le croire, » et qu'elle « est incompatible avec le but même que Platon assigne à tout Élat. »

Cependant, le concubinal existait, sinon autorisé par la loi, du moins excusé par les mœurs, lorsqu'il avait pour but d'avoir des enfants (1). Les temps primitifs le regardaient comme un privilège pour ceux qui disposaient du pouvoir. Homère nous en fournit une preuve (2). Priam s'adresse à Hector et lui parle de deux de ses frères, fils de la belle Laothoa, « la plus exquise des femmes, » et il rappelle « que sa demeure renferme encore les nombreux trésors offerts à sa fille par le riche Altès. » Cette union n'avait donc rien qui pût blesser le fds d'Hécube, ni déshonorer le père qui l'avait autorisée, et Tépoux qui en parlait avec si peu de réserve.

Pour qu'un mariage fût légitime, il fallait que la femme fût donnée par celui qui avait puissance sur elle, c'est-à-dire par son père, son frère ou son aïeul paternel. Si la femme n'a aucun de ces parents et si elle est en tutelle, elle pourra épouser son tuteur. Si elle n'a ni famille, ni parenté, elle pourra choisir ellemême qui elle voudra (3).

2. L'âge pour le mariage ne paraît pas avoir été fixé d'une manière certaine dans l'Attique. Aristote (4) donne dix-huit ans pour les femmes et trente-sept ou

(1) 'Eti' s}v£'j6£poiç Tiataiv.

(2) Iliade, ch. XXII.

(3) Voir DÉMOSTHÈNE, Pour la couronne, 2.

(4) Politique, IV, 14, 6.

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