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CHAPITRE VIII

Solon exempta les fils des courtisanes de l'obligation, imposée par la loi, de nourrir leur père. « Celui qui méprise la dignité du mariage, disait-il (1), montre sensiblement qu'il s'attache à une femme, non par le désir d'avoir des enfants, mais par le seul attrait de la volupté. »

4. Les cérémonies du mariage étaient les mêmes pour toute la Grèce. On attachait une grande importance à cet acte qui fondait une famille, et on l'entourait de cérémonies propres à en faire ressortir l'importance. Le jour où les parents d'une jeune fille avaient décidé son mariage, ils la présentaient à l'autel d'Artémis ou de Héré, et offraient un sacrifice (2). La formule des fiançailles consistait dans ces paroles adressées au futur époux : « Je vous donne cette fille qui est la mienne et de mon propre sang (3). » Le fiancé lui offrait un présent, gage de sa tendresse et preuve de son assentiment reconnaissant. Les deux jeunes gens se serraient la main ou échangeaient un baiser sous les yeux de leurs parents.

Des réjouissances, des festins, des chants célébraient le mariage.

Dans Homère, lorsque Télémaque arrive à Sparte, il trouve « le roi, entouré de nombreux citoyens, qui célèbre en sa demeure le festin nuptial de son fils et de son irréprochable fille qu'il envoie au fils de l'impétueux Achille. Sous les murs d'Ilion, il a promis et juré cet hymen que maintenant les dieux accomplissent....

(1) Pldtabque, Solon, 30. (â) Pollux, III, 58.

(3) Clément d'Alexandrie, Stromates, liv. II.

» Tandis que les amis et les voisins du glorieux Ménélas, au sein de ses hautes et vastes demeures, savourent le festin , un chanteur accompagne de sa lyre ses divins accents, et deux danseurs, pirouettant au milieu des convives , marquent de leurs pas la cadence (1). »

La même cérémonie est représentée sur le bouclier d'Achille. « On célèbre un mariage et de solennels festins. A la lueur des flambeaux, on conduit l'épousée par la ville, hors de la chambre nuptiale, et l'on invoque à grands cris l'hyménée ; de jeunes danseurs forment des rondes gracieuses. Au centre, la flûte et la lyre frappent l'air de leurs sons, et les femmes, attirées sous leurs portiques, admirent ce spectacle ("2). »

Euripide nous fournit aussi quelques traits reproduisant ce que les Athéniens pouvaient voir tous les jours, et c'était pour eux un légitime sujet d'orgueil de pouvoir faire remonter aux temps héroïques des usages auxquels ils restaient fidèles, parce qu'ils étaient à la fois une tradition religieuse et une tradition civile.

(( As-tu déjà ofl'ert à la déesse le sacrifice préparatoire pour les noces de ta fille? demande Clytemnestre.

Agamemnon. Je le prépare ; c'est ce soin qui m'occupe.

Glytemnestre. Et ensuite, tu feras le banquet nuptial?

Agamemnon. Quand j'aurai immolé les victimes que je dois aux dieux.

(1) Odyssée, ch. IV. ;2) Iliade, ch. XVIII.

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