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CHAPITRE VIII 41o

Clytemnestre. Mais, où ferons-nous le festin réservé aux femmes (1)?

Agamemnon. Ici, près des vaisseaux....

Clytemnestre. Qui donc portera la torche nuptiale ?

Agamemnon. C'est moi qui porterai la torche, comme il convient aux époux.

Clytemnestre. Ce n'est pas Tusage. Le juges- tu peu important?

Agamemnon. Il n'est pas convenable que tu aies pour cortège une troupe de soldats (2). »

Ce qui se faisait chez les hommes n'était qu'une imitation de ce que les dieux eux-mêmes avaient pratiqué. « Quel chant d'hyménée, dit le chœur (3), retentit accompagné par la flûte lybienne, par la cithare amie des danses, et par les pipeaux formés de roseaux légers, lorsque, sur le mont Pélion, les Piérides à la belle chevelure , admises au banquet des dieux, et faisant résonner la terre sous leurs sandales d'or, vinrent aux noces de Pelée, et célébrèrent par leurs chants harmonieux Thétis et le fils d'Eaque , sur les montagnes des centaures, dans les bois du Pélion? Le rejeton de Dardanus, le Phrygien Ganymède, délices de Zeus, puisait le nectar dans de larges cratères d'or, et, sur le sable brillant, les cinquante filles de Nérée dansaient en rond pour célébrer cet hymen. »

L'époux préparait avec soin la demeure dans

(1) Dans les fêtes du mariage, comme dans la vio ordinaire, les femmes ne prenaient pas part aux banquets avec les hommes.

(2) Euripide, Iphigénie en Aulide, scène VII.

(3) Iphigénie en Aulide, scène XII.

laquelle il devait conduire sa femme. La jeune fille déposait, dans le bourg de Brauron, sur l'autel d'Artémis, des corbeilles remplies d'objets précieux, afin d'apaiser la déesse à qui la chasteté était chère. Un pareil hommage était rendu à Athéna, et d'après Pollux (1), le Ciel, la Terre, les Parques et les Grâces avaient aussi leurs offrandes.

La maison où l'on célébrait la fête nuptiale était parée de guirlandes. Un pilon était placé au-dessus de la porte, une jeune fille tenait un crible, et la mariée portait un vase propre à brûler de l'orge ou une poêle à frire. Ces divers objets lui rappelaient les devoirs de sa nouvelle condition (2).

La nouvelle épouse entrait à la nuit dans la maison de son mari. Le chariot qui la portait et dont l'essieu était ensuite brûlé, pour signifier qu'elle ne devait pas quitter cette demeure pour une autre, était précédé d'esclaves portant des torches et suivi de joueurs d'instruments.

On répandait sur sa tête des figues et d'autres fruits de l'Attique. C'était une promesse d'abondance. Pendant le repas qui suivait son entrée, un jeune homme, à demi couvert de rameaux de chêne et d'aubépine, entonnait un chant dont le refrain était : « J'ai changé mon état mauvais pour un meilleur. » Ce chant était celui que l'on entendait dans les fêtes par lesquelles les Athéniens célébraient le jour où ils avaient renoncé au gland, pour s'adonner à la culture du blé (3).

(2) Voir Pollux, I, 12, III, 3.

(3) Sdidas, au mot "Ecpuyov.

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