‹ Les institutions d'AthènesChapitre 217 sur 335 · CHAPITRE V I î I i · texte numérisé non relu

CHAPITRE V I î I i

A son entrée dans la chambre nuptiale, la jeune épouse se lavait les pieds dans un vase qui lui était présenté par un jeune parent (1), et qui contenait de l'eau de la fontaine de Callirhoé.

Sa mère lui enlevait son voile dont elle entourait le flambeau porté devant elle.

Les fêtes duraient plusieurs jours, et les sacrifices faits avant le mariage se continuaient en l'honneur des dieux protecteurs de l'hyménée. La situation religieuse de la femme ne changeait pas moins que sa condition sociale. Elle perdait ses dieux domestiques et en acquérait d'autres. Les hommages rendus à ces nouveaux protecteurs du foyer formaient des liens qui ne devaient pas se rompre, et la famille qui se fondait attendait sa stabilité de ceux-là seuls dont la puissance et la durée n'ont point de bornes.

Le lendemain, il y avait échange de présents entre les deux époux. Le mari recevait un vêtement et la femme des objets divers, vases d'or, d'argent ou d'argile, lits, parfums, robes et objets de ménage (2).

Le troisième jour, la jeune femme allait faire une visite à sa famille, pour entrer en connaissance avec les parents de son mari.

Le célibat était considéré comme un état contraire à l'intérêt public. S'il n'était pas puni à Athènes comme à Sparte par des humiliations publiques à certains jours (3), il privait de nombreux avantages. a Tandis que les lois ordonnent à l'orateur, en géné-

(1) On l'appelait XouTpooopoç.

(2) On appelait ces dons £7ia-j)-ia otopa.

(3) Voir Athénée, Déipnosophistes, liv. XIII.

rai jaloux de gagner la confiance populaire, dit Dinarque (1), d'avoir des enfants légitimes, de posséder des terres dans l'Attique, et de ne prétendre au gouvernement qu'après avoir mis entre les mains du peuple les gages les plus sûrs, est-il juste qu'un Démosthèné ait vendu ses champs héréditaires et adopté des enfants étrangers, dans le seul but de jurer sur leurs têtes devant les tribunaux? )>

Lorsqu'un homme mourait sans avoir été marié, on plaçait sur son tombeau l'image d'un esclave portant une aiguière (2). Ce signe pouvait être invoqué en justice.

0. La femme athénienne avait une condition très différente de celle deSparte^Sa vie était intérieure et cachée. Homère ne se demandait pas comme Aristote (3) « si les femmes étaient capables de vertu. » Ses héros les jugeaient inférieures, mais ils ne se croyaient pas moins tenus à des devoirs envers elles. «Les Atrides, dit Achille, sont-ils les seuls mortels qui aiment leurs femmes? C'est le devoir d'un homme bon et prudent de chérir sa compagne et de l'entourer de soins. Et moi aussi, je l'aimais de toute mon âme (Briséis), quoique captive (I). »

Mais cet amour et ce respect, dont Vllîade nous offre quelques exemples, se manifestent surtout dans V Odyssée, qui est le tableau de la vie domestique.

(1) Contre Démosthèné^ discours prononcé en 326^ un des trois qui nous restent sur cent soixante, dont soixante-quatre étaient considérés comme authentiques.

(2) Voir DÉMOSTHÈNÉ, Contre Léocharès.

(3) iMorale, Uv. I", ch. Y.

(4) Iliade, ch. IX.

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