III
Elles avaient, aux Thesmophories, des cérémonies d'un caractère triste (1), et formaient des congrégations séparées dans le temple d'Aphrodite. Rien ne ressemblait aux fêtes que les femmes des autres parties de la Grèce célébraient au Cithéron, au Parnasse, au Taygète, pendant la période triennale consacrée à Dionysos. Leurs transports frénétiques, leurs danses, leurs cris en évoquant le dieu, leur faisaient perdre cette gravité simple et solennelle à la fois, qui fut en tout temps le trait distinctif de la femme athénienne. Aussi, avec quelle grâce et quelle justesse Périclès la loue dans le discours où il relève toutes les gloires de sa patrie! « C'est, leur dit-il, une grande gloire pour vous de ne point être inférieures à votre sexe, et de faire en sorte que, soit pour louer votre vertu, soit pour vous blâmer, on ne parle jamais de vous parmi les hommes (2). »
On se tenait cependant en garde contre une influence que l'on trouvait justement redoutable. Une loi de Solon déclarait ntils tous les actes d'un homme qui aurait cédé aux suggestions d'une femme (3).
Si un père avait perdu tous ses enfants mâles, il pouvait substituer ses biens à ses filles mariées (4), c'est-à-dire leur en laisser la jouissance en assurant la propriété à leurs enfants. La mort de ces mêmes enfants ne lui apportait aucun droit nouveau, car, d'une manière générale, elle ne pouvait hériterd'eux. La jurisprudence fit plus tard ce que la loi n'autorisait pas.
(1) Plutarque, Isis, ch. LXIX. (2) Thucydide, II.
(3) Voir Démosthène, Contre Ohjmjnodore.
(4j IsÉE, De l'héritage de Pyrrhus.