CHAPITRE VIII .i
armes qui me sont confiées ; je n'abandonnerai pas le prostate qui me sera donné. Je combattrai seul, ou avec les autres, pour les autels et les foyers domestiques ; je ne laisserai point à mes enfants ma patrie dans une position plus désavantageuse, mais je tâcherai de la rendre plus favorable que je ne l'ai trouvée ; je me rendrai par terre ou par mer dans la colonie qui me seradésignée pour cultiver le domaine, quel qu'il soit, qui me sera échu; j'obéirai fidèlement à ceux qui rendent la justice , aux lois en vigueur et à toutes celles que le peuple décrétera. Je ne souffrirai pas qu'on en abroge aucune sans la demande expresse du peuple ; je m'y opposerai seul ou avec d'autres ; je me conformerai aux cérémonies religieuses adoptées ; j'en prends à témoin les dieux Agraulos, Enyalos, Ares, Zeus, la Terre, Artémis; je combattrai jusqu'à la mort pour la patrie qui m'a nourri ; je défendrai les frontières de l'Attique ; je protégerai la sécurité des productions qui l'enrichissent, ses blés, ses orges, ses vignes, ses oliviers (1). »
C'est le serment d'un citoyen plutôt que celui d'un fils ou d'un père, mais tous les devoirs ne se trouvaient-ils pas confondes dans celui qui obligeait l'homme à être tout entier à sa patrie ?
Un père pouvait déshériter son fils. Mais cet acte avait de telles conséquences religieuses et sociales, qu'il ne paraît pas s'être souvent produit.
Le fils qui se portait à des voies de fait contre ses parents, était frappé d'atiraie (2). Il pouvait être
(0 Voir Lycurgde, Contre Léocrate, 76; Pollux, VIH, 105; Stobée, XLI, 141.
(2) DiOGÈNE DE Laerce, Sut Solon, 55.
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accusé devant les Héliastes par tout citoyen, qui devenait ainsi le défenseur ou le vengeur de l'autorité paternelle.
Une loi obligeait les enfants à nourrir les parents tombés dans l'indigence, et à leur rendre les derniers devoirs (1). Elle exceptait ceux qui étaient nés d'une courtisane, ceux dont le père avait exposé la pudicité par un trafic infâme, et ceux à qui il n'avait pas donné de métier. Le père avait donc des devoirs moraux et des devoirs positifs à accomplir. Il fallait qu'il préparât l'avenir de ses enfants, en leur donnant les moyens d'assurer leur existence, et qu'il formât leur âme à la vertu.
«Voilà pourquoi, dit Xénophon (2), les pères, quelle que soit la sagesse de leur fils, les éloignent cependant des hommes pervers , convaincus que le commerce des bons développe la vertu, et que celui des méchants la détruit. )>
Aussi, ceux qui ne répondaient pas à ces soins étaient-ils déclarés incapables de posséder un emploi public, et déférés aux magistrats.
L'exposition des enfants était une coutume commune dans l'antiquité où la cité, enfermée dans des bornes étroites, redoutait un excès de population, et à qui des enfants faibles ou mal conformés paraissaient une charge sans compensation, a Pour distinguer, dit Aristote (3), les enfants quil faut abandonner et ceux qu'il faut élever, il conviendra de défendre par une loi de. prendre jamais soin de ceux qui naî-
(1) Voir IsÉE, Héritage de Ciron, 32.
(2) Mémoires de Socrate, I, 2.
(3) Politique, IV, 14, 11.