‹ Les institutions d'AthènesChapitre 225 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tique fut tout-puissant à Athènes ; mais elles ne nous paraissent pas étroitement et exclusivement attachées à des conditions ethnographiques. Plusieurs causes agirent sur la formation de ces partis, et chacun des anciens ou des nouveaux possesseurs du sol se prononça pour la forme de gouvernement qui lui parut le plus en rapport avec ses aspirations, ses désirs et ses vues.

Lorsque la démocratie fut souveraine à Athènes, ces préférences ne disparurent pas, parce qu'il y eut toujours des riches et des pauvres, des partisans de l'autorité et des partisans de la liberté, des citoyens à qui plaisait la stabilité et d'autres qui d'eux-mêmes allaient au mouvement.

L'action de ces divers partis se manifeste en toute occasion, et nul ne peut revendiquer le privilège exclusif du patriotisme. Chacun servit, comme il l'entendait, les intérêts de la cité, et les guerres montrèrent chez tous la même valeur, comme l'administration intérieure mit en relief des qualités également remarquables.

Les noms d'hypéracriens, de pédiéens et de paraliens ne disparaissent pas, les partis ne se dissolvent pas, mais on voit en œuvre des partisans de l'oligarchie, de la démocratie, ou d'un tempérament qui cherche à les modérer pour les rendre acceptables. Les idées survivent à ceux qui les ont incarnées, et l'histoire intérieure d'Athènes montre à quels excès et à quels résultats glorieux elles peuvent pousser les villes et les peuples.

C'est avec raison que M. Fustel de Coulanges a dit : « La cité athénienne ne fut, pendant quatre siècles,

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que la confédéralioii de ces puissants chefs de famille qui s'assemblaient, à certains jours, pour la célébration du culte central et pour la poursuite des intérêts communs (1). »

2. La famille constitue la première unité sociale. Elle a un même chef, un même culte, les mêmes intérêts. Elle se maintient dans ces conditions tant qu'elle est peu nombreuse ; mais lorsque autour du tronc se multiplient les rameaux vigoureux et féconds, il faut chercher ailleurs un nouveau principe de vie.

La famille reste elle-même, mais elle s'appuie sur d'autres. Elle accepte un chef suprême autour duquel se rangent et à qui obéissent les chefs particuliers. Les liens du sang les unissent et l'origine commune les rapproche, alors même que les intérêts pourraient les diviser.

Cette association de familles forme la race. C'est une seconde unité fortement constituée, car elle repose sur des sentiments, des principes, des obligations et des usages qui ont toujours été puissants parmi les hommes.

C'est le même sang qui coule dans les veines de tous, car la race n'est que l'extension et le prolongement d'une famille primitive. Le sang a une voix que l'on entend toujours, et lorsqu'il ne commande plus des devoirs, il inspire des affections. Dans les temps reculés, avec des relations moins étendues, les intérêts se confondaient, et l'habitude de se rendre des services mutuels, la nécessité de se protéger contre des dangers également menaçants pour tous, éta-

(1) Cité antique, p. 297.

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