‹ Les institutions d'AthènesChapitre 229 sur 335 · CHAPITRE VIII i · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII i

que la terre promise. Les éléments divers y abondent, et autant le peuple juif est exclusif, autant Athènes offre libéralement ses côtes, ses plaines et ses murs à tous ceux qui viennent s'y établir.

Ce que la nature a fait en Asie, le besoin de l'existence et le désir de s'accroître l'a réalisé en Europe. Nous ne pouvons pas suivre ce travail dont les éléments sont épars. Nous savons le nom de plusieurs familles d'Athènes, et bien que les Hypéracriens, les Pédiéens et les Paraliens aient bientôt disparu de l'histoire, nous pouvons constater cfue ces familles appartenaient à l'un de ces trois partis. Plusieurs races ont laissé leur nom, mais une phratrie seulement a échappé aux obscurités dont le passé couvre tant d'événements, ou aux ruines faites par la main de l'homme.

Cependant, le caractère de l'organisation sociale ne changeait pas ; la religion en était toujours le but, et si la tradition conserva dans la famille la race et la phratrie des cultes particuliers, la tribu, elle aussi, eut ses protecteurs au-dessus de l'humanité, et elle se conserva intacte, non plus par les affinités du sang ou les exigences de l'intérêt, mais par la réunion de tous ses membres dans les honneurs rendus aux mêmes héros et aux mêmes dieux.

Ces petites sociétés dans une société de jour en jour plus grande sont restées longtemps distinctes. Homère (i) montre Nestor rangeant ses troupes en bataille d'après leur manière de combattre, mais rapprochant, afin qu'ils se prêtent un appui mutuel, ceux que le sang relie entre eux. Piutarque (2) croit

(1) Iliade, ch. IV. (2) Les Symposiagues, question II.

qu'un autre sentiment serait plus puissant : « Il me semble, dit-il, que le Thébain Pamenès n'a pas tort d'accuser Homère de se connaître peu en affection, lorsqu'il met ensemble les hommes de même tribu et de même famille , au lieu de réunir ceux qui étaient unis par les liens d'une tendre amitié, afin que toute la phalange, étroitement liée par ce sentiment si actif, n'eût qu'une même âme et un même esprit. » Plutarque voyait dans les tribus ce qu'elles étaient de son temps, c'est-à-dire des circonscriptions territoriales. Il n'aurait pas dû oublier qu'elles étaient primitivement formées de familles ayant une origine commune, et par conséquent unies par un lien qui ne se rompt pas facilement et que le danger devait resserrer : celui du sang.

La famille, la race, la phratrie, la tribu étaient exclusivement composées de citoyens. Les métèques et les esclaves, dont la vie était à chaque instant mêlée à celle de ces quatre groupes, s'en distinguaient absolument par les droits accordés sans mesure à ceux-ci, et refusés absolument ou parcimonieusement mesurés à ceux-là.

4. La tribu et la phratrie étaient communes chez tous les peuples de race aryenne. Les Hindous, les Iraniens, les Germains, les Celtes, les Grecs, les Romains en conservèrent longtemps la forme avec le double caractère d'un culte et d'un patrimoine communs.

On fait remonter à Cécrops le partage de la population de l'Attique en quatre tribus, la division des tribus en phratries, des phratries en races, et des

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