‹ Les institutions d'AthènesChapitre 230 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

races en familles. Chaque tribu aurait eu trente phratries, chaque phratrie trente races, chaque race trente familles.

Cette division paraît bien savante pour une époque aussi reculée, et elle suppose que l'Attique aurait eu déjà un nombre considérable d'habitants et un gouvernement régulièrement constitué. Cependant deux désignations, signalées par Pollux (1), indiquent parfaitement la nature de ces petites sociétés. On les appelait êfj.oYaXa-cToc, ou ysvvr/Tai, c'est-à-dire hommes qui ont sucé le même lait ou qui ont la même origine, ce qui constituait leur caractère civil, et hpyzmeq, ou prêtres (2), participant aux mêmes cérémonies et se plaçant sous la protection des mêmes divinités.

Les noms primitifs de ces tribus étaient : Cécropidey de Cécrops qui avait fait la première organisation; Autochthone , rappelant que les Athéniens étaient issus du sol; Acte, désignation primitive de l'Attique aux longs rivages, ou d'un de ses rois; Paralie^ à cause de son voisinage de la mer.

Cranaos, successeur de Cécrops, aurait substitué à ces noms ceux de Cranaïs^ tiré du sien, AttiSy de celui de sa fille, Mésogée, de la situation à Tintérieur du pays, Diacrie, de l'habitation sur le sommet des montagnes.

Un autre roi, Érichthonios, aurait imposé des noms de dieux, ce qui lui paraissait commandé par l'intérêt religieux de ces agglomérations d'habitants. Elles se

(1) m, 4, VIII, 9.

(2) Ce mot désigne aussi des confréries religieuses qui possédaient des propriétés immobilières, et des associations de métiers, sur lesquelles les renseignements sont trop vagues pour qu'on en puisse déterminer les caractères et le but.

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seraient appelées Bios, de Zeus, le grand dieu; Athénms, d'Athéna, protectrice de l'Attique; Poseidonias, de Poséidon, roi de la mer; Héjohaïstias, d'Héphaistos, le dieu puissant et redoutable du feu.

Sous Érechthée, le nom change encore. On ne désigne plus les tribus par les dieux sous la protection desquels on les place, mais par leurs occupations. On les appelle géléontes, hoplites, œgicores, argades (1), sans que l'on soit bien d'accord sur la signification de deux de ces noms , ou sur leur origine. Les hoplites sont les soldats, les œgicores les chevriers, mais à quelle situation correspondaient les géléontes et les argades ? Auraient-ils été artisans ou laboureurs?

On pourrait le supposer, car des désignations postérieures indiquent cette classification. On les trouve bientôt après appelées Jioplites ou soldats, ergotes ou artisans, géorges ou laboureurs, œgicores ou pasteurs. Il n'est pas probable que ces noms s'appliquent aux tribus. Ils en marqueraient plutôt les divisions.

Les tribus continuèrent à exister malgré la création des classes par Solon. Cette création avait un but exclusivement politique, et ne toucha pas à l'organisation de la tribu qui était sociale. Les membres de la tribu se trouvèrent répartis selon leur fortune territoriale dans les quatre classes.

En 509, Glisthénès introduisit à Athènes une réforme qui eut pour effet le développement rapide et l'application complète du gouvernement démocratique. Il porta à dix le nombre des tribus. Ce fut

(1) Hérodote, VIII, 44.

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