‹ Les institutions d'AthènesChapitre 236 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tique. Le ZeusErcheios, dont parle Sophocle (1), était le protecteur le plus auguste du foyer domestique.

Les avantages attachés à la qualité de membre d'un dème étaient renfermés dans ces mots : user de ce qui est commun (2). On était donc assuré de la participation aux mêmes fêtes, aux sacrifices, aux distributions publiques. Il y avait une double liste : la première contenait tous les citoyens (3), rangés par ordre alphabétique. C'était probablement le registre de rétat civil. La deuxième ne renfermait que les citoyens ayant le droit de voter dans les assemblées, c'est-à-dire âgés de vingt ans, ayant fait deux ans de service militaire, et exempts d'atimie.

L'inscription sur les registres du dème avait lieu à la majorité du citoyen, à dix-huit ans. Elle ne dispensait pas de l'inscription à la phratrie (4).

Ces registres étaient révisés tous les ans sous la présidence de Tarchonte. La radiation prononcée, l'habitant du dème perdait ses droits et redevenait métèque. Si, malgré son appel devant les Héliastes, la première sentence était maintenue, son sort était plus malheureux. Il devenait esclave, et était vendu, à moins qu'il ne s'exilât volontairement.

La peine atteignait toute la famille.

Tout citoyen avait le droit de contester la qualité d'un autre (5), mais la défense se produisait en pleine liberté, car la cause était une des plus graves qui pussent être soumises à un tribunal athénien.

(1) Antigone, scène entre Ântigone et Créon.

(2) MzT:i'/ziv Twv xotvwv.

(3) Ac^îapxov YpaM-M-otTeîov.

(4) Voir DÈMOSTHÈNE, Contre Léocharès.

(5) C'est ce qu'on appelait ypoL^h ?£vtaç.

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Le dème était donc une petite république qui se mouvait avec une entière liberté dans la grande république athénienne, à la formation et au gouvernement de laquelle il participait.

La propriété.

1. La propriété est le droit que l'on a de disposer d'une chose.

Ce droit est absolu et indépendant de l'usage que l'on en fait. Il vient de l'empire souverain que Dieu a donné à l'homme sur la nature , et de celui que chacun acquiert par son intelligence, son activité et sa persévérance, sur une partie du sol et ses produits. C'est une injustice de le méconnaître, c'est un crime de le violer. L'homme a le droit de défendre, par tous les moyens en son pouvoir, ce qui est devenu comme une partie de lui-même, et assure la satisfaction de ses besoins ou son bien-être.

La propriété est une des bases essentielles de la société. Comment les hommes pourraient-ils vivre en paix, si des règles certaines ne déterminaient ce qui revient à chacun ? Comment chacun pourrait-il concourir au bien-être général, s'il n'était assuré du sien? Comment, enfin, la justice règnerait-elledans les rapports personnels, si elle ne garantissait la libre jouissance des fruits du travail?

La communauté des biens, qui entraîne d'autres

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