CHAPITRE VIII
avaient une part égale , quoique Démosthène (1 ) parle d'une espèce de préciput, d^avantages faits à l'aîné. Les enfants adoptés étaient entièrement assimilés aux autres, et le partage se faisait entre eux dans la même proportion (2), l'adoption créant les mêmes droits que la nature.
Les lois de Solon refusaient au père de famille la libre disposition de ses biens, s'il avait perdu la raison par la vieillesse, la maladie, les enchantements, les suggestions d'une femme, ou s'il était retenu en prison ; en un mot, s'il ne jouissait ni de la liberté du corps, ni de celle de l'esprit.
Il pouvait léguer ses biens à un autre citoyen, s'il avait une fille unique mariée (3).
La question des successions était d'une grande importance. La loi avait réglé Tordre avec le plus grand soin, mais sans prévoir tous les cas, et les actions devant les tribunaux furent nombreuses. Il est impossible d'entrer dans tous les détails. L'analyse de l'argument d'un discours de Démosthène permettra de se rendre compte des règles relatives aux degrés de parenté, et des difficultés qu'en présentait la détermination pour l'exercice des droits (4).
(1) Contre Apollodore : Ta Tipe-rêsia.
(2) IsÉE, De l'héritage de Philocrate.
(3) IsÉE, De rhcritage de Pgrrh^is.
(4) Cet argument précède le discours contre Macartatos, dans la traduction de Démosthène, par M. Rodolphe Dareste. La traduction est tldèle et reproduit la discussion vigoureuse et pleine de mouvement de l'orateur. Les arguments qui précèdent et les notes qui suivent les discours renferment des renseignements précieux au point de vue politique aussi bien qu'au point de vue judiciaire. On les étudiera avec fruit. Les plaidoyers civils et les plaidoyers politiques de Démosthène forment quatre volumes. Paris, Pion, 1875.
Hagnias laissa en mourant une fille adoptive, qui mourut elle-même sans avoir été mariée. La succession, évaluée à deux talents, passa à des collatéraux, et Philomaché, petite-fille d'un cousin germain du père d'Hagnias, fut envoyée en possession.
On produit contre elle un testament, qui est reconnu faux. Le faux est souvent invoqué contre les testaments. La loi ne prescrivait aucune mesure d'ordre public pour l'ouverture et la conservation de cet acte des dernières volontés. L'intérêt du faux était si grand et la protection si peu efficace, qu'il n'est nullement étonnant que de nombreuses successions aient été revendiquées par une série d'écrits entre lesquels il était difficile de discerner la vérité.
Mais le fils d\m cousin germain du père d'Hagnias, Théopompe, revendique la succession comme étant d'un degré plus rapproché; même prétention de Glaucon et de Glaucos, comme héritiers du sang, et la mère d'Hagnias fait valoir aussi ses droits.
Théopompe soutint que Philomaché ne pouvait pas succéder, « car la dévolution s'arrêtait en ligne collatérale aux enfants de cousins, faute desquels elle passait aux parents par la mère, frères, sœurs, cousins et enfants de cousins. » La mère d'Hagnias était au même degré que Théopompe, mais celui-ci l'excluait, les hommes passant avant les femmes.
Elle faisait valoir sans doute sa qualité de mère, mais la loi n'accordait aucun droit à la mère sur la succession de ses enfants. Théopompe l'emporta sur ces deux prétendants.
Il eut encore à lutter contre son neveu, mais il prouva que son neveu était à un degré plus éloigné