‹ Les institutions d'AthènesChapitre 242 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

que lui, et un nouveau jugement le maintint en possession de l'hérédité.

Une action en faux témoignage fut alors engagée contre lui et contre les témoins qu'il avait produits. Elle fut repoussée.

Philomaché reprit la lutte. Elle avait deux fds. Elle en fit entrer un par une adoption posthume dans la maison de son père, Eubolide ; puis Sosithée, son mari, engagea le procès contre Théoporape, au nom de son fils Eubolide.

L'adoption n'était pas suffisante pour le faire arriver à la succession, mais s'il n'était que second cousin par son père, sa mère le rendait cousin. Or la loi appelait les collatéraux dans l'ordre suivant :

« La première classe comprenait les parents de la ligne paternelle, c'est-à-dire tous ceux qui se rattachaient, soit par les hommes, soit par les femmes, au père du défunt, à savoir : d'abord les frères et sœurs et leurs enfants, puis les cousins et cousines et leurs enfants. La dévolution s'arrêtait aux enfants de cousins, et par conséquent aux petits-enfants de frères et sœurs. [A égalité de degré, les mâles étaient préférés.

» La seconde classe comprenait les parents de la ligne maternelle, dans le même ordre (1). »

Eubolide descendait de l'aïeul d'Hagnias, tandis que Théopompe descendait de son bisaïeul. Théopompe se trouvait donc dans une situation inférieure. Mais pour que son droit fût évident et entier, il eût fallu que sa mère eût une égale parenté du côté paternel et du côté maternel. C'est ce que contestait (1) Rodolphe Dareste, Plaidoyers civils, tome II, p. 24.

Théopompe, et c'est ce que Démosthène s'efforce d'établir, par des témoignages et par l'interprétation des lois.

Il s'appuie sur une question d'équité. « Les gens de la maison doivent passer avant les autres. Sans doute, la loi civile ne parle pas de la maison, lorsqu'il s'agit de régler la dévolution des successions, mais l'ordre des successions n'est institué que pour assurer la perpétuité des maisons et pour prévenir l'extinction des foyers domestiques (1). » Eubolide appartenait par son père et par sa mère à la maison, tandis que Théopompe lui était étranger, et dans le cas où on lui reconnaîtrait la parenté dont il se prévalait, son fils Macartatos n'y avait aucun droit, car il n'était ni de la même maison, ni du même dème.

Pour faire sa démonstration, Démosthène parcourt les lois constitutives de la famille. « Il montre que le droit de succéder est corrélatif à des obligations rigoureuses, que ces obligations consistent à poursuivre la vengeance en cas de meurtre, à épouser et à doter l'épiclère pauvre, à rendre les devoirs funèbres, enfin à célébrer la mémoire des morts aux jours anniversaires (2). »

On a souvent accusé Démosthène de s'être appuyé sur des lois qui n'existaient pas. Il est certain qu'il a usé sous ce rapport d'une liberté qui témoigne de plus de zèle pour la cause défendue que de respect pour la vérité. La découverte d'une de ces lois (3)

(1) Rodolphe Dareste, p. 25.

(2) Rodolphe Dareste, p, 2G,

(3) Publiée dans l"Eçr,[j.£p':; àpxatoXoyi-xr,, u» 288, par Pittakis.

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