‹ Les institutions d'AthènesChapitre 244 sur 335 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

en était de même de ceux qui ne rendaient pas un compte exact de l'argent qu'ils avaient reçu pour les dépenses religieuses.

Démosthène (1) cite la loi condamnant à l'atimie, eux, leurs enfants et leurs héritiers, jusqu'à parfaite libération, « ceux qui étaient en retard pour le paiement des fermages des bois sacrés de la déesse, des autres dieux et des héros éponymes. »

La peine pour un olivier arraché était de cent drachmes.

Le voleur était condamné à donner, comme réparation au volé, le double de la valeur, et autant au trésor de l'État (2), pour l'atteinte portée à la morale publique. S'il ne payait pas, en vertu d'un accord, il était condamné à une amende décuple, indépendamment de la peine que les juges lui infligeaient, selon leur propre jugement et en proportion avec la gravité du délit. Il pouvait être enfermé cinq jours et cinq nuits, les fers aux pieds. Tout citoyen avait le droit de requérir cette peine contre lui (3), ce qui constituait chacun gardien des droits et des intérêts de tous.

Un vol de plus de cinquante drachmes pendant le jour amenait une action devant les Onze, Le voleur nocturne pouvait être impunément blessé ou tué dans la poursuite, par ceux dont il cherchait à s'approprier le bien. S'il était saisi, il devait également comparaître devant les Onze, qui pouvaient le condamner à mort, sans lui laisser le droit de se racheter

(1) Contre Macartatos.

(2) DÉMOSTHÈNE, Contre Midias.

(3) Démosthène, Contre Timocrate.

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par la promesse d'une somme plus forte. Un vol dans le lycée, dans l'académie, dans le cynosarge, dans les gymnases ou dans les ports, quelque minime que fût la valeur de l'objet, vêtement ou vase, entraînait la peine de mort (1). La gravité de l'acte tenait aux lieux où il s'était accompli.

Le vol de raisins ou de figues était primitivement puni avec la même sévérité. Il y eut, plus tard, une simple amende, non pas que Ton voulût se montrer plus indulgent, mais on tenait à établir une proportion entre les peines.

Les mines étaient protégées contre le vol ou les dégâts par le feu. La peine était d'autant plus sévère que le préjudice prenait facilement de grandes proportions, et atteignait à la fois l'État qui avait la propriété des mines et les entrepreneurs qui les exploitaient.

Ces prescriptions de la loi montrent l'importance attachée à la propriété. Un dieu les protégeait. C'était Zeus Erchéios, celui qui présidait à l'enclos de famille, et dont l'influence bienveillante s'étendait à ce qui assurait l'entretien et là prospérité du foyer domestique. Athènes avait compris que la religion est la sauvegarde la plus forte de l'homme et des biens qu'il acquiert par son travail et son industrie.

« On ne saurait dire tout ce qu'a de délicieux l'idée et le sentiment de la propriété.... C'est un grand charme que d'obliger et de secourir des amis, des hôtes, des compagnons, et ce n'est que la propriété individuelle qui nous assure ce bonheur (2). »

(1) Démosthène, Co7itre Timocrate.

(2) ÂRisTOTE, Politique, II, 2, 7.

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