‹ Les institutions d'AthènesChapitre 250 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

vices et leur génie, ont fait la gloire et la prospérité d'Athènes. »

Aussi, quelle surveillance Platon recommande sur les maîtres et sur les enfants (1) ! Quels châtiments il inflige à ceux qui négligent leur devoir! L'homme ne se soumet qu'avec peine à une discipline, et son premier mouvement est toujours la révolte contre ce qui le gêne et le contraint. En soumettant la volonté, l'éducation lui trace la voie qu'elle doit suivre, et lui donne la force nécessaire pour arriver à son but.

3. L'éducation de la jeunesse se faisait dans les gymnases. Les exercices du corps y tenaient une grande place, mais n'absorbaient ni le temps, ni les forces comme à Sparte. Athènes cherchait la souplesse, la grâce, l'harmonie, et la beauté qu'elle voulait partout, résultait d'un sage équilibre entre toutes choses. « A Athènes, disent E. Guhl et W. Koner (2), les gymnases étaient des établissements construits aux frais de l'État ou des simples particuliers; là, les éphèbes et les hommes mûrs venaient converser et se distraire en commun et, tout en fortifiant le corps, meubler leur intelligence. »

Les principaux gymnases publics étaient l'académie, le lycée, le cynosarge. Les gymnases particuliers, en grand nombre et situés dans diverses parties de la ville, recevaient une foule de jeunes gens. On y trouvait, d'après Platon (3), des allées réservées aux exer-

(1) Lois, VII.

(2) Vie antique^ ch. XV, p. 303.

(3) Lois, VII.

cices, aux bains, à l'étuve ; il y avait un lieu pour déposer ses vêlements, se frotter d'huile, se couvrir de sable ou de poussière, jouer à la balle, se promener et suivre tous les détails do la course ou de la lutte. La présence des magistrats et d'un certain nombre de citoyens montrait l'imporlance de ces exercices et inspirait de bonne heure une salutaire émulation.

On comprenait sous le nom de gymnastique les exercices corporels ayant pour but de fortifier et d'assouplir les membres : la course, le saut, le jet du javelot; la lutte. Chacun des éphèbes se pliait à toutes les exigences par lesquelles on formait ceux qui devaient prendre part aux concours des jeux. C'était du reste un noble but assigné à l'émulation, et Athènes montra, dans tous les temps, combien elle honorait ceux qui l'avaient emporté.

Les jeux Olympiques, Pythiques, Néméens, Isthmiques n'étaient pas de vains spectacles. Non seulement ils réunissaient les habitants des diverses contrées de la Grèce pour entretenir entre eux le sentiment de la solidarité, et faire de tant de villes difiërentes une nation avec les mêmes sentiments et les mêmes intérêts, mais ils élevaient les âmes en leur montrant le prix de la gloire, et soumettaient les corps à ces exercices sans lesquels la force tombe et la grâce disparaît. Les États s'associaient aux louanges des spectateurs, et les villes voyaient avec orgueil s'élever les monuments qui transmettaient à la postérité le souvenir de ces triomiphes. Athènes les plaçait à côté des temples des dieux. Solon avait voulu ajouter une récompense à l'honneur, «Le citoyen qui avait rem-

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