CHAPITRE IX
porté le prix aux jeux Isthmiques recevait cent drachmes et le vainqueur des jeux Olympiques cinq cents (1). »
Les jeux Olympiques, Pythiques, Isthmiques, Néméens réunissaient tous les peuples de la Grèce et les rattachaient entre eux par des liens étroits. Institués par des dieux, ils étaient pour les hommes une occasion de montrer leur supériorité, et les efforts qu'ils demandaient étaient d'autant plus méritoires qu'ils ne produisaient que de médiocres récompenses. Le saut, la course, le disque, le pugilat, la lutte demandaient un travail long et pénible
Que Tenfant supportait, suant ou frissonnant (2).
Qu'obtenait en échange l'athlète? Des fruits, une couronne de laurier, de palmier, de persil, d'olivier. Ce n'était pas un citoyen qui cherchait à l'emporter sur un autre, c'était une ville qui réclamait le premier rang et envoyait l'élite de ses enfants, « afin, dit Platon, de donner une haute idée de la république. » Une victoire à Olympie illustrait, d'après Cicéron, le vainqueur autant que le consulat illustrait un romain. Les statues et les monuments qui furent plus tard élevés consacraient la gloire de la cité plutôt que celle de l'athlète.
Isocrate donne le motif et le caractère de ces jeux : « C'est avec raison, dit-il (3), que nous louons ceux
(1) PLUTARQrE, Sûlon, 31.
(2) Milita tulit fecitquc puer; sudacit et alsit. Horace, Art poétique, 414.
(3) Panégyrique.
qui ont institué parmi nous ces assemblées célèbres, parce que s'était introduit l'usage de nous réunir comme des alliés ; là , nos inimitiés s'oublient. Des vœux et des sacrifices communs nous rappellent notre affinité, resserrant nos liens d'amitié ; nous y renouvelons d'anciens nœuds d'hospitalité, et nous en formons de nouveaux. Là, l'homme ignorant a sa part comme l'homme éclairé. »
Chaque ville consacrait ainsi ses succès, et les lieux témoins de la victoire en gardaient le trophée. Pausanias raconte] (1) qu'il a vu à Olympie deux cent cinquante statues en bronze représentant les citoyens de la Grèce qui avaient été couronnés. C'était un reste de ce qui faisait l'illustration et la richesse d'Olympie. Les Grecs avaient plusieurs fois pillé la ville bâtie sur le territoire sacré que la guerre ne devait pas souiller. Quel peuple de statues et quelle suite de monuments ne devait pas avoir la ville au temps de sa splendeur!
Athènes ne gardait pas ces témoignages de la faveur populaire pour ceux qui acquéraient de la gloire au loin. Elle savait récompenser ceux qui contribuaient à l'éclat de ses fêtes, soit en leur permettant de constater leurs services, par des colonnes, des stèles ou de petites constructions, soit en prenant elle-même cette initiative reconnaissante.
Un de ces monuments existe encore aujourd'hui. Il fut élevé en 334, à l'occasion de la victoire remportée par Lysicrate en qualité de chorège. On l'appelle vulgairement la lanterne de Diogène.
« Sa hauteur totale est de 10 mètres 67. Il s'élève
(1) Élide, Description d'Olympie.