CHAPITRE IX
sur un soubassement carré et élancé sous forme d'un petit temple rond, très bien décoré. Six demicolonnes corinthiennes émergent du mur circulaire et supportent un entablement; sur la frise, règne la représentation en relief de l'histoire de Dionysos, dieu des jeux solennels. Au-dessus de l'entablement se dresse, sous forme d'une coupole plate, le toit fait d'un seul gros bloc de marbre ; de son milieu semble pousser une feuille d'acanthe. Cette fleur a servi à soutenir le prix d'honneur du vainqueur : un trépied dont les extrémités reposaient sur des points d'appui artistement travaillés, qui se sont conservés sur la coupole (1). ))
•4. Il y avait, pour l'éducation de la jeunesse, des gymnastes et des pédotribes, les premiers chargés de l'éducation du corps, les seconds de l'enseignement matériel et de chacun des exercices en particulier. Les sophronistes, au nombre de dix, un par tribu, avaient la surveiflance générale ; les gymnasiarques pourvoyaient aux objets nécessaires aux gymnases, décoraient les lieux des exercices, payaient les torches, les flambeaux, l'huile et présidaient aux fêtes.
Le concours de course consistait à parcourir une, deux ou trois fois la carrière de douze, vingt ou vingtquatre stades (2). On faisait des courses armées, on luttait contre un groupe d'adversaires, et les vainqueurs se disputaient ensuite le prix. Toute ruse était interdite. Il y avait aussi des courses avec des torches allumées. Elles faisaient partie des cérémonies religieuses.
(1) E. Gdhl etW. KoNEB, Vie antique, 143, 44.
(2) Le stade est une mesure d'environ cent quatre-vingts mètres.
484 INSTITUTIONS d'aTHÈNES
Le saut en avant, en arrière, de côté, en hauteur était un exercice fort recherché, parce qu'on le considérait comme propre à donner au corps la souplesse qui assurait la facile et complète disposition des forces.
Dans la lutte, deux adversaires se saisissaient corps à corps et essayaient de se renverser. Après trois chutes, il fallait s'avouer vaincu. Certaines ruses étaient permises, afin que la vigilance ne fût pas en défaut.
Une deuxième lutte commençait lorsque les deux adversaires étaient sur le sol, l'un empêchant l'autre de se relever. La sculpture a plusieurs fois représenté ce sujet. Florence possède le groupe des lutteurs attribué à Céphisodote. «Son principal mérite est de reproduire avec une précision parfaite, non plus le corps humain à l'état d'immobilité, mais des corps en mouvement, de retracer la tension des muscles, le gonflement des veines, tous les phénomènes de la force active, tous les efforts du combat. Sous ce rapport, le groupe des lutteurs peut défier l'observation du plus sévère anatomiste, comme il peut défier le jugement du critique le plus difficile pour la précision du dessin et l'élégance des lignes, dans cet enchevêtrement des membres que présentent deux hommes aux prises. L'expression, d'ailleurs, ne manque pas plus que l'exactitude anatomique. La tête du vaincu, qui est de l'antique pur, otfre bien, dans ses traits stupéfaits et convulsifs, le dépit, la fureur impuissante, tandis que la tête du vainqueur, quoique terminée par des retouches modernes, respire tout l'orgueil de la victoire (1). »
(1) Les Merveilles de la sculpture, par Louis Viardot, p. 1 19-120.