‹ Les institutions d'AthènesChapitre 254 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

parents, de leur patrie, de chacun de leurs concitoyens et de leurs amis (i). »

Platon considère la danse comme appartenant à la gymnastique, qui a pour but de former le corps. Il distingue deux sortes de danses : « l'une qui rend par ses mouvements les paroles de la Muse, et conserve un caractère de noblesse et de grandeur; l'autre destinée à donner au corps et à chacun de ses membres la santé, l'agilité, la beauté, leur apprenant à se fléchir et à s'étendre, dans une juste proportion, au moyen d'un mouvement bien cadencé, distribué avec mesure, et soutenu par toutes les parties de la danse (2). »

Athéna protégeait les danses imitatives, surtout les danses armées, auxquelles elle prenait plaisir. Platon recommande de les consacrer aux dieux, et ne permet pas qu'on touche à leur ordre, à leurs figures, à leurs mouvements, sans une loi. Mais il distingue deux sortes de danses : « l'une qui imite les corps les mieux faits dans les mouvements graves et décents; l'autre qui représente les corps contrefaits dans les attitudes basses et ridicules ; de plus, chacune de ces espèces se divise en deux autres, dont l'une, pour ce qui concerne l'imitation sérieuse, exprime la situation d'un corps bien fait, doué d'une âme généreuse, à la guerre et dans les autres circonstances pénibles et violentes; l'autre représente l'état d'une âme sage dans la prospérité et la joie modérée (3). )> Il appelle l'une de ces danses paci-

(i) De la chasse, ch. XIII.

(2) Lois, VII.

(3) Ib.

fique, l'autre pyrrhique, et s'attache à celle qui, ennemie de la guerre, « honore les dieux et les enfants des dieux. » Il en distingue deux espèces : « la première, où le sentiment du plaisir est beaucoup plus vif lorsque des travaux et des périls on passe au sein de la prospérité; la seconde, où le plaisir est plus tranquille, lorsque le bonheur dont nous jouissons se soutient et s'augmente. » 11 en résulte des mouvements réguliers et des mouvements irréguliers, et l'État a le devoir de s'en occuper, soit qu'il s'agisse des moyens par lesquels on forme la jeunesse, soit que l'on examine ce qui convient ou ne convient pas à un peuple que l'on veut conduire à (( une vie heureuse et vertueuse (1). »

5. L'éducation intellectuelle se rattachait étroitement à celle qui avait pour but de rendre les corps vigoureux et beaux. Elle devait faire naître et développer la vertu ou du moins ce que les anciens appelaient de ce nom. « Or, dit Plutarque (2), trois choses concourent à rendre la vertu parfaite : la nature, l'instruction et l'habitude . La nature jette dans le cœur des enfants les premières semences de la vertu; l'instruction, c'est-à-dire les préceptes qu'on leur donne, les développe, l'exercice les rend plus familiers, et la perfection résulte de ces trois causes réunies. »

Le choix du maître est de la plus haute importance. « Il faut qu'il joigne à des mœurs pures, à une conduite irréprochable, un grand fonds de

(1) Platon, Lo^ VII.

(2) Sui' réducation des enfants.

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