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CHAPITRE IX

Si Platon, après avoir fait figurer Aristophane au banquet d'Agathon, a pu lui consacrer cette épigramme : « Les Grâces, cherchant un sanctuaire indestructible, trouvèrent l'âme d'Aristophane, » s'il a osé envoyer ses comédies à Denys de Syracuse afin de lui faire connaître les Athéniens , ne pouvons-nous pas en conclure que les meilleurs des anciens faisaient avec la morale et les bienséances des accommodements, que pour notre honneur nous ne pouvons comprendre fi)?

La comédie moyenne, qui ne put mettre sur la scène aucun citoyen vivant, dut s'interdire tout événement politique et se contenter d'allusions, perdit sa force et ne trouva pas l'intérêt qui s'attache aux personnalités. Aristophane y toucha d'une manière heureuse par le Plutus , et donna, sous la menace d'une loi rendue nécessaire par des excès, un exemple qui ne paraît pas avoir été suivi.

Ménandre est le seul représentant de la comédie nouvelle (34^2-290). Nous ne le connaissons que par les imitations de Térence et des fragments qui ont fourni à M. G. Guizot le sujet d'une étude intéressante et solide. L'action était simple au point que le poète latin a dû en réunir deux pour faire une comédie. Elle représentait des types et non des individus, aspirait à un rôle moral, recherchait les sentences, et sous la moquerie, cachait l'enseignement. Elle a prétendu depuis et partout remplir cette noble mission, sans qu'il soit permis de croire que son but ait été atteint. Elle a été plus fidèle au désir d'amuser

(1) On ne connaît pas la date de la naissance ni de la mort d'Aristophane. 11 débuta en 427 et vivait encore en 390.

et de faire rire. Et combien de fois n'y est-elle pas parvenue aux dépens de la raison, de la vérité et de la morale?

La poésie survécut à la liberté de la Grèce ; mais elle n'était plus que l'ombre d'elle-même. Athènes resta toujours la capitale des lettres, la patrie du goût, la ville où l'on connaissait toutes les élégances et toutes les délicatesses du beau langage. La grande inspiration, celle qui vient du patriotisme et de la foi, était morte, et toutes ces œuvres admirables nées d'une intime communication entre le génie et la foule, furent remplacées par des compositions dans lesquelles la recherche de la forme ne pouvait parvenir à dissimuler la pauvreté du fond.

4. La poésie, qui interprétait tout, fut la forme première donnée aux croyances religieuses et aux doctrines de la philosophie. Prêtres, législateurs, mora- Ustes s'exprimaient en vers. La mémoire retenait plus facilement le langage cadencé, et les premiers essais de prose ne remontent pas au delà de la deuxième moitié du vi^ siècle.

Curieux, avides de tout connaître, et désireux de ne pas garder égoïstement le fruit de leurs recherches, les Grecs cherchèrent à pénétrer les secrets de la nature et de l'âme. Leurs premières investigations portèrent sur l'origine des choses, la nature des dieux, les mouvements des corps célestes, les causes des phénomènes, les mystères de la vie.

La Grèce honora ces sages et écouta leurs leçons. L'Ionie eut, au vi» siècle, son école de philosophie, et tous les systèmes qui se produisirent en même temps

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