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CHAPITRE IX

OU d'une manière successive, prouvent l'initiative, la subtilité et les ressources de l'esprit grec.

La sophistique précéda la philosophie, comme elle précéda la grande éloquence, ou du moins elle les suivit de si près, que la confusion est possible. Athènes fut son théâtre piéféré.

Lorsque Socrate fit descendre la philosophie du ciel sur la terre, il ne rendit certainement pas sages tous les Athéniens, il ne se mit pas lui-même à l'abri de l'injustice et de la calomnie, mais ce ne fut pas en vain qu'il répandit autour de lui ses enseignements et les mit à la portée de tous. S'il n'a rien écrit, deux de ses disciples, fidèles à sa doctrine et à son souvenir, nous ont conservé sa méthode, donnant un corps à ce qu'il distribuait autour de lui, avec l'autorité d'un sage, le zèle d'un apôtre, et le désintéressement littéraire d'un initiateur habitué à s'oublier (-469-400).

Xénophon défendit son maître par une apologie et par la publication de ses enseignements. S'il vécut longtemps éloigné d'Athènes, il en garda l'esprit, et lui emprunta la simplicité, la clarté et la grâce simple d'où naît un charme si profond. Socrate revivait en lui avec moins de verve peut-être et sans toute la pénétration de son aimable ironie, mais il nous semble entendre ces questions réitérées qui font découvrir la vérité à ceux-là même qui y sont indifférents ou hostiles, et nous sommes tout disposés à le suivre. On marche volontiers après ceux que l'on aime (iio-Soo).

Platon avait vécu moins longtemps avec Socrate, et l'on ne croit pas que l'intimité du maître et du disciple ait duré au delà de huit ans, ou même de

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trois. Peut-être dut-il aux malheurs de son temps et à la chute lamentable d'Athènes, de renoncer aux affaires publiques et de s'adonner à la philosophie. Ses connaissances étaient universelles. 11 avait une imagination vive et réglée , un bon sens élevé et pratique, des sentiments délicats et profonds, une intelligence vive et étendue, et par-dessus tout un amour ardent de la vérité.

Phèdre avait paru avant la mort de Socrate. « Ce jeune homme, se serait-il écrié en le lisant, me fait dire bien des choses auxquelles je n'ai pas pensé. » Mais s'il n'y avait pas pensé, il ne les aurait pas désavouées ; car elles n'étaient que le développement régulier, la conséquence logique des vérités qu'il avait enseignées. La philosophie est un livre ouvert à tous, et Platon n'éloigne personne. Poésie, éloquence, philosophie, histoire étaient dans Athènes un patrimoine oij chacun avait le droit d'aller puiser, et personne ne se récusait. Ce que Socrate enseignait partout, Platon l'adressait à tous, et on peut se faire une idée de la rare aptitude et de l'heureux développement de l'esprit athénien , lorsqu'il sera constaté qM' Homère était récité, lu et entendu par les derniers comme par les premiers des citoyens, que l'ironie de Démosthène frappait le matelot récemment débarqué comme l'esprit le plus délié des anciens Eupatrides, que la philosophie passionnait les foules comme le théâtre, et qu'Hérodote, au milieu d'une réunion de tous les peuples assurément moins bien doués que ceux de l'Attique, obtenait à Olympie le succès éclatant que lui avaient assuré les applaudissements d'Athènes.

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