CHAPITRE I
par cela même garantie et consacrée, car l'administration touche aux intérêts des hommes de plus près que le gouvernement.
Quelques-uns de ces dèmes avaient des rois, dont il ne faut pas exagérer la puissance qu^enfermaient des limites étroites. Le mot (1) que nous traduisons par roi, a des significations diverses et des degrés. Il désigne également le général, d'après G. Curlius, et, d'après Bergk, le juge assis sur son siège. De plus, succédant au père dont il avait étendu l'aulorilé de la famille à la tribu ou à la cité, il était également le sacrificateur, l'intermédiaire auprès des dieux. Ces rois n'avaient qu'une puissance restreinte et ne pouvaient espérer une longue durée. Nous ne les voyons pas, comme ailleurs, successivement soumis au voisin le plus fort, et perdant un à un leurs domaines : nous les trouvons, au même moment, soumis à une domination qui est pour tous un égal bienfait, parce qu'elle accorde le besoin d'une défense commune avec le respect des traditions particulières.
C'est par les petites dominations que commence l'histoire du monde, et il n'est pas de peuple puissant qui ne se rattache à une modeste origine. Ceuxlà sont arrivés à un large et fécond développement, qui ont eu de grandes qualités et de solides vertus.
Pausanias (2), cite parmi les petits souverains de ces dèmes : Porphyrion, roi des Athmonéens, et Colœnos, roi de Myrrhinunte.
L'unité politique dont Thésée avait poursuivi la
(1) BatrO.euç.
{^) Âttique, 14 et 21.
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réalisation, brisait leur pouvoir, en même temps qu'elle mettait fin à la domination aristocratique qui était leur appui. Thésée posa les bases d'un gouvernement démocratique en établissant une entière égalité entre les citoyens. Il employa la persuasion et la terreur. « Il fit abattre dans chaque bourg les prytanées et les maisons de conseil, supprima les magistrats, éleva un prytanée et un palais communs à l'endroit où ils sont aujourd'hui, donna à la ville et à la citadelle le nom d'Athènes, et établit une fête générale sous le nom de Panathénées (1). »
Il y eut égalité entre les citoyens, mais non entre les habitants. Cette égalité avait pour condition essentielle une inégalité sociale. Au-dessous de ceux qui avaient les mêmes droits, il fallait des hommes qui n'en eussent aucun. L'homme libre avait pour contre -poids l'esclave, et la servitude du grand nombre rendait seule possible la liberté de quelquesuns.
Entre ces deux extrêmes, il y avait place pour des hommes qui y touchaient sans y entrer. Il ne tarda pas à se former une classe intermédiaire dont la mission sociale consistait à ménager la transition entre ces deux extrêmes, et l'utilité politique à empêcher les privilégiés de disparaître et les déshérités de désespérer.
De tous ces éléments, se forma une ville en qui se réunirent la fortune et le ^énie Ioniens, que ses enfants ont aimée, que ses ennemis ont redoutée, à qui ses poètes et ses historiens ont prodigué les louanges, et pour qui les philosophes eux-mêmes ont (1) Plutarque, Thésée.