‹ Les institutions d'AthènesChapitre 270 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

opposer un système à celui de la République de Platon, a fait une œuvre pleine d'intérêt, dont l'histoire ne peut tirer qu'un médiocre profit, mais dont la forme est admirable (446-356).

Les historiens grecs qui honorent l'époque d'Alexandre et la longue période de la domination romaine, sont étrangers à Athènes. Ces trois grands noms suffisent à sa gloire, et leur part dans le développement de la culture intellectuelle du peuple athénien est trop considérable, pour qu'il ne soit pas permis de signaler leur influence dans l'établissement de cette souveraineté de l'esprit dont Athènes eut pendant si longtemps le privilège envié.

Les arts.

1. Fruit de l'éducation, les arts apportèrent leur tribut à la grandeur morale d'Athènes.

La musique occupait une place importante dans la formation des jeunes gens. Pour comprendre de quelle manière on la considérait et quels avantages en retirait le corps social, en même temps que l'individu, il faut lire les Lois de Platon. Le deuxième livre est consacré tout entier à ce sujet. « Les dieux, touchés de compassion pour le genre humain condamné par sa nature au travail, nous ont ménagé des intervalles de repos, dans la succession régulière des fêtes instituées en leur honneur. Ils ont voulu

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que les Muses, Apollon, leur chef, et Dionysos les célébrassent de concert avec nous, afin qu'avec leur secours, nous pussions réparer, dans ces fêtes, les pertes de notre éducation. » Les chants et la danse ont ainsi une origine divine, et « la bonne éducation consiste à savoir bien chanter et bien danser. » Il importe de distinguer avec soin ce qui est beau dans ces deux arts étroitement liés, et de le faire concourir à rendre les hommes meilleurs.

Périclès avait élevé l'Odéon où. se faisaient les concours de musique. Le théâtre resta longtemps loin de cette magnificence. Il était en bois et il s'écroula après une représentation de tragédies d'Eschyle et de Pratinas. On bâtit alors, sur le flanc méridional de l'Acropole, le théâtre de Dionysos, qui fut terminé en 3-40 ou 330, sous l'adrainislration de Lycurgue. Il a été découvert, en 1862, par l'architecte allemand Strack.M. Beulé a retrouvé l'escalier de marbre qui le rattachait à l'Acropole.

Le théâtre se composait de trois parties : Torcheâtre, la place des spectateurs, la scène. L'orchestre formait un cercle presque complet, destiné aux danses du chœur. Il occupait un vaste espace entre le public et les acteurs. Au milieu s'élevait le thymélé, autel de Dionysos, centre de la danse. Là, se tenait le chœur. Un plancher reliait l'orchestre scénique à l'orchestre chorique. Les choristes arrivaient sur les tréteaux plus bas que la scène, en traversant un passage entre le mur d'appui de la partie réservée aux spectateurs et la scène.

On montait sur l'orchestre scénique par quelques marches, et de là, sur la scène. C'est à l'or-

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