CHAPITRE IX
chestre que s'accomplissaient les cérémonies sacrées. La partie du public « renfermait cent gradins et était partagée en treize kerkides(l), au moyen de quatorze escaliers dont les deux latéraux montent près des entrées, tout contre le mur d'appui. Chaque gradin a 0,345 de hauteur et 0,782 de profondeur horizontale. La partie de devant où l'on s'asseyait, a 0,332 de largeur. Une excavation qui se trouve par derrière, et oii les personnes assises plaçaient leurs pieds, est large de 0,-45. Les escaliers ont 0,70 de largeur. La hauteur des marches correspond à celle des gradins. La différence consiste en ceci : chaque marche ne mesure que 0,22 sur le devant, mais elle monte en pente vers le fond et l'on a pratiqué des rainures sur cette partie montante, pour empêcher de glisser. La partie inférieure, celle qui borde immédiatement la circonférence de l'orchestre, est occupée par soixante-sept sièges d'homme, ou trônes faits d'un seul bloc de marbre, et tantôt simples, tantôt doubles ou triples. Les inscriptions qu'ils portent prouvent qu'ils étaient destinés aux prêtres, aux différents autres fonctionnaires du culte, aux archontes, aux thesmothètes (2). »
La scène avait la forme d'une tente, avec une colonnade. On employait des décors mobiles. Le chœur se composait de cinquante chanteurs disposés en carré, entre le thymélé et la scène. Il fut réduit à quarante-huit. Eschyle en avait eu douze et Sophocle quinze.
Le législateur ne peut se désintéresser du soin de
(1) Kepxî;, loge ou galerie.
(2) E. GuKL et ^Y. Koner, Vie antique, 179.
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surveiller la musique, la danse et les acteurs. Platon se prononce contre le droit accordé au peuple tout entier de juger et de déclarer vainqueur celui en faveur de qui plus de mains se sont levées. C'est à la Grèce tout entière, à la Sicile et à l'Italie qu'il fait ce reproche, et il s'élève avec force contre l'amour de la nouveauté qui risquait d'enlever à ces arts et à la poésie, leur compagne, le pouvoir d'améliorer les hommes et d'assurer le règne des lois.
La musique avait donc, dans la pensée de Platon, un sens plus étendu et une portée plus haute qu'on ne le croit. On appliquait ce nom à la mélodie, au rythme, à la versification, à la danse, et on lui attribuait une influence considérable sur les âmes et sur les facultés physiques (1).,
Dans les jeux publics, dans les fêtes religieuses, les chœurs concouraient à la pompe des spectacles, entretenaient la piété et nourrissaient le patriotisme par le plaisir des yeux et de l'oreille. La lyre, la flûte, le pipeau étaient en honneur et demandaient un long exercice. Des instruments à vent étaient aussi en usage pour l'accompagnement, car nous ne connaissons rien qui puisse se rapprocher de nos exécutions musicales. Partout, la musique se pliait aux exigences du peuple, grave ou légère, noble ou efféminée, propre à inspirer de grands sentiments ou à donner des satisfactions malsaines.
Il n'y avait pas de festins sans musique et sans danse. La musique accompagnait les libations en l'honneur des dieux. Démosthène (2) parle d'hommes
(1) Plutarqde, De la Musique.
(2) Contre Midias, 153.