‹ Les institutions d'AthènesChapitre 272 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

faits dansant au son de la flûte; et nous savons que si l'enfance y trouvait le principe d'une douce discipline, la vieillesse elle-même aimait à s'y mêler.

Il en résultait pour l'esprit et le goût un constant exercice. Les anciens ne comptaient pas moins, pour former les mœurs et fortifier la vertu, sur la musique et la danse que sur la poésie, la philosophie, la peinture et la sculpture. « En général, à l'égard de toute imitation, soit en peinture, soit en musique, soit en tout autre genre , ne faut-il pas, pour porter un jugement sain, connaître ces trois choses : en premier lieu, l'objet imité; en second lieu, si l'imitation est fidèle; enfin, si elle est belle, soit pour les paroles, soit pour la mélodie, soit pour la mesure (1)? »

En faut-il davantage pour placer la musique et la danse parmi les arts qui contribuent à l'éducation, et pour comprendre dans quelle proportion ils concouraient à la formation du peuple le plus spirituel, le plus délicat et le plus capable de grandes choses?

Polybe attribue de grands effets politiques à l'enseignement de la musique.

Un homme et un peuple faisaient juger de leur caractère par la préférence qu'ils accordaient à la musique grave ou à la musique efféminée, à la danse sévère ou aux mouvements propres à exciter les passions.

2. Lorsque l'homme se fut mis à l'abri des intempéries des saisons, il embellit sa demeure et ne négligea rien de ce qui pouvait donner un caractère (1) Platon, Lois, II.

de grandeur et de beauté aux édifices publics et aux temples des dieux.

« Le développement des institutions politiques de la Grèce, l'extensioa de ses relations commerciales, les progrès surprenants accomplis dans son domaine intellectuel, tout cela se reflète avec éclat dans les productions artistiques d'Athènes. Cet amour des formes idéales et le sentiment exact de la mesure dans le beau n'étaient pas l'apanage exclusif d'une classe privilégiée. Ces qualités maîtresses avaient pénétré dans le peuple entier (1). »

Ainsi s'expliquent la profusion des édifices d'Athènes, le goût qui présida à leur conception, la générosité avec laquelle les artistes furent traités et le soin minutieux apporté à tous les détails de l'exécution. Ce que l'on cherchait, c'était moins la grandeur que la perfection. Tout était donné à l'utilité, et l'ornement ne s'ajoute que pour concourir à la solidité et à l'harmonie.

Les dimensions des édifices, leur forme, leurs dispositions intérieures et extérieures n'accusent jamais d'autre préoccupation que celle d'approprier l'édifice à sa destination. Mais si rien n'est superflu, comme futile s'enveloppe de grâce, de beauté et de perfection !

Aucun peuple n'a démontré plus complètement que le peuple athénien l'exactitude de cette définition du beau : « Le beau est la concordance parfaite des parties entre elles et le rapport du tout avec sa destination (2). » Aucun n'en a recherché avec plus

(1) E. GuKL et W. KoNER, Vie anficjue, p. 202.

(2) WiNCKELMANN, Histoire de l'art chez les anciens.

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