‹ Les institutions d'AthènesChapitre 273 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de constance et atteint avec plus de bonheur l'application dans les œuvres que les siècles nous ont léguées.

Les Propylées n'étaient que l'entrée de TAcropole, mais une entrée digne des dieux. Construits par Mnésiclès, de -i37 à 432, ils avaient coûté deux mille douze talents. C'était un grand rectangle limité par un mur sur les côtés, et sur les deux façades par un portique à colonnes l'un vers la citadelle, l'autre vers la ville. Pourquoi Athènes avait-elle déployé une telle magnificence pour un édifice sans destination utile? C'est qu'il fallait faire h la demeure des dieux un vestibule qui inspirât aux âmes un grand sentiment de respect, et rappelât à tous que l'on allait fouler une terre sacrée (1).

Les temples couronnant l'Acropole, les autels aux ornements sévères et délicats qui se présentaient à chaque pas, les statues de dieux, de héros, de grands hommes qui rendaient vivante la légende comme l'histoire contemporaine, avaient multiplié les chefs-d'œuvre. Rien n'était assez beau pour la satisfaction de la piété, de l'admiration et du patriotisme. Les arts eurent leur tradition comme la politique et les lettres. Les changements par lesquels ils passèrent furent la preuve du perpétuel mouvement de l'esprit humain, mais aussi un témoignage de la recherche intelligente et passionnée du beau.

On ne sait pas l'origine de la sculpture en Grèce , mais il est facile de comprendre que, de bonne heure, elle s'unit à l'architecture pour la compléter et l'embellir. L'Asie eut certainement son influence,

(1) Voir Beulé, l'Acropole cVAthènes

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comme l'Egypte, mais la Grèce imprima aussitôt aux imitations son cachet, et fonda son originalité sur des procédés aussi sages qu'ingénieux! Lorsqu'un peuple a le sentiment du beau, il y ramène tout; et le beau, conçu par l'esprit athénien, reproduit par ses artistes, et approuvé par le peuple, n'a été altéré ni par les siècles, ni par les changements résultant de nos croyances, des formes gouvernementales, de nos mœurs, de nos habitudes et de nos progrès. Ce qu'Athènes trouvait digne de ses suffrages, nous l'admirons aujourd'hui avec un sentiment qui n'est ni moins vif, ni moins réfléchi.

Athènes eut différents styles d'architecture qui se distinguent entre eux par les colonnes. La colonne fat d'abord un appui. Sans perdre ce caractère d'utilité, elle devint un ornement.

L'ordre dorique a la simplicité des premiers temps. Sobre d'ornements, il a pour but la sohdité, mais une solidité qui n'exclut pas la grâce. La colonne dorique a deux parties : le fût et le chapiteau. Elle n'a point de base et s'élève du sol comme un arbre dont elle reproduit la forme. Le fût est un tronc à section circulaire, qui présente, au tiers environ de sa hauteur, un renflement dont l'œil a plutôt le sentiment que la perception. Il repose sur le stéréobate ou stylobate. Dans la longueur du fût sont creusées des cannelures à vive arête, qui donnent à l'ensemble de la légèreté, sans rien enlever à sa majestueuse harmonie.

Le fût supporte la deuxième partie de la colonne : la tête ou chapiteau. Le chapiteau comprend : le gorgerin, continuation du fût dont il est séparé par

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