CHAPITRE IX
des rainures qui s'élargissent en montant ; un tore circulaire, fortement évasé, ou échine; une plaque carrée, le tailloir ou abaque y qui reçoit l'architrave.
La hauteur du fût dorique est de cinq fois et demie le diamètre inférieur de la colonne.
L'entablement dorique se compose de l'architrave, de la frise et de la corniche.
L'architrave est formée de pierres rectangulaires posées sur l'axe des colonnes et le long des murs. Au-dessus, s'élève une seconde rangée. C'est la frise, offrant des surfaces saillantes ornées de trois rainures verticales, appelées trighjphes. Les triglyphes sont séparés par les métopes ornées de sculptures ou bas-reliefs ; ils représentent les extrémités des poutres transversales posées sur l'architrave, et ils avaient pour but, dans les premiers temps, de favoriser l'écoulement des eaux.
L'entablement est terminé par la corniche où paraissent des têtes de solives taillées obliquement, que l'on appelle mutules. Au-dessus, est le fronton triangulaire qui a pour couronnement une sorte de corniche. Sa surface est le tympan destiné à recevoir des sculptures.
L'ordre dorique régna seul à Athènes jusqu'en656. A cette époque, la colonne ionique prend place à côté de la colonne dorique. Sa hauteur est de huit ou de neuf diamètres et demi. Elle a un pied ou base composé de plusieurs coussinets ou tores arrondis, séparés par des moulures creuses appelées scoties ou trochiles. Le tout repose sur une plinthe carrée, qui fixe au sol la colonne. Le fût est cylindrique.
Son amincissement aux deux extrémités est moins sensible que dans la colonne dorique. Les cannelures sont plus profondes, plus nombreuses et adoucies aux angles. On en compte jusqu'à vingt-quatre.
Sur le gorgerin du chapiteau, règne une frise sculptée. V échine est couverte de riches ornements appelés oves. La partie qui correspond à l'abaque de la colonne dorique semble se gonfler sous le poids qu'elle porte, pour retomber sur l'échiné. Une double spirale appelée volute court sur les faces antérieure et postérieure. Les deux faces latérales forment le coussinet serré par une ligature. Au-dessus, est une plaque carrée destinée à recevoir l'entablement.
L'ordre corinthien s'introduisit à Athènes vers la fin du iv*^ siècle. Il ressemble pour la base et le fût cannelé à l'ordre ionique. Le chapiteau prend, audessus de l'astragale, la forme d'un vase ou calice composé de feuilles d'acanthe, et surmonté d'un deuxième rang de feuilles issues de la même base. Des interstices de cette couronne de feuilles s'élèvent des tiges portant à leur extrémité des calices plus petits d'où sortent d'autres tiges séparées en deux, qui, comme pressées par l'abaque, se recourbent et retombent en manière de volutes. L'entablement est celui de l'ordre ionique. Quoique plus orné que les doux autres, il ne s'éloigne pas de leur élégante simplicité.
Ce qui reste des monuments élevés par le génie grec témoigne d'un goût sévère et se fait remarquer par la pureté des lignes, la sobriété des ornements et une harmonie sans effort. Le soin apporté dans les plus petits détails leur a fait vaincre le temps et