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CHAPITRE IX

les hommes, et il n'a pas fallu moins de deux explosions de poudre pour faire du Parthénon une ruine. Celte ruine aurait encore sa riche parure de marbre si une admiration passionnée n'avait fait régulièrement piller ces nobles débris. Les noms de Callicratès et dlctinos resteront toujours attachés au nom glorieux du Parthénon qu'ils construisirent, comme celui de Phidias qui le décora. Athènes, peuplée de monuments d'une rare beauté, compte de nombreux et illustres architectes qui s'honorèrent en restant fidèles aux simples et fermes traditions d'un goût dont la pureté contenait, sans la décourager, la hardiesse.

3. Les Athéniens prétendaient que la sculpture était née chez eux. Elle parut de bonne heure à Athènes, où le modelage fit rapidement des artistes, grâce à l'excellente terre argileuse du cap Colias. Des ustensiles et des choses nécessaires à la vie, on passa vite à ce qui était un plaisir pour les yeux et un charme pour le goût. On peut remarquer, dans les vases que le temps n'a pas détruits, des époques parfaitement marquées : l'art sévère immobile, l'art sévère avec la grâce, l'art élégant, l'art recherché, plein de mouvement et d'afféterie.

Les sculpteurs abondent dès qu'ils peuvent travailler le marbre, et que la ville est assez riche pour confier à leur ciseau les témoignages de sa piété, de son patriotisme et de sa reconnaissance. Ils avaient à leur disposition les carrières abondantes du Pentélique, de l'Hymette et du mont Pheloé qui appartient à la chaîne de l'Hymette.

M. Taine a résumé ainsi les caractères généraux

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de la sculpture grecque : « Besoin de clarté , sentiment de la mesure, haine du vague et de l'abstrait, dédain du monstrueux et de Ténorme, goût pour les contours arrêtés et précis, voilà ce qui conduisit le Grec à enfermer ses conceptions dans une forme aisément perceptible à l'imagination et aux sens, partant à faire des œuvres que toute race et tout siècle puisse comprendre, et qui, étant humaines, soient éternelles. »

Les artistes athéniens restèrent toujours fidèles à ces principes.

Si Eudœos a suivi Dédale, en Attique, comme le rapporte Pausanias, Athènes aurait reçu de la Crète mystérieuse son premier sculpteur (560).

Jusqu'à lui, on se contentait de copier Athéna d'après le modèle tombé du ciel. Il la fit assise. Un fragment de bas-relief trouvé en Attique et représentant une femme lui appartiendrait. Le caractère de l'inscription permettrait de le reporter à la soixante-dixième olympiade (1). On lui a attribué VArtémis d'Éphèse ; les Heures et les Grâces sont plus vraisemblablement de lui.

Les temps primitifs de la sculpture présenlent une énergique rudesse. On cherche la vérité mais sans avoir encore l'ambition de l'embellir. Le statuaire montre moins ce qu'elle est que ce qu'elle peut être, et la profusion des œuvres du vi® siècle et du commencement du v^ permet de comprendre ce qu'exigera un goût plus épuré.

(1) C'est de la soixante-dixième à la cinquante-quatrième olympiade, de 560 à 490 que l'on placerait sa vie. Son labeur n'aurait pas duré moins de soixante-dix ans.

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