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CHAPITRE IX

dence. Elle n'aspira plus à la grandeur qu'elle se sentait incapable d'atteindre; elle se perdit dans la recherche et l'afféterie. Tout se rapetisse, et l'art remplace l'inspiration. Où les artistes auraient-ils pu retremper leur génie lorsque la foi, le patriotisme, la liberté n'étaient que des noms ? Le goût des grandes choses qui élèvent les âmes était perdu, il fallait donner satisfaction à l'amour des nouveautés. Le beau n'étant plus recherché, on courait au joli, et l'art devenait un métier.

Mais quelle magnifique succession d'artistes ! Phidias, Myron, Praxitèle, Lysippe ! Bois, airain, ivoire, marbre, s'animent sous leur ciseau. Pausanias cite le nom d'un grand nombre d'artistes dont il ne nous reste que le souvenir. J.-J. Ampère (1) a reconstitué, grâce à des découvertes anciennes ou récentes, beaucoup de ces œuvres qui ont péri et dont des copies remarquables sont sorties du sol romain. Il en a très ingénieusement recherché les traces et en a suivi les répétitions avec un tact sûr. Ces répétitions, faites par les artistes eux-mêmes, se multipliaient ensuite dans des copies qui n'étaient pas sans valeur. Un type accepté par la tradition religieuse et par la tradition artistique s'imposait, et ce que l'on perdait du côté de l'invention, il était nécessaire de le regagner par l'expression de l'ensemble et la perfection des détails. C'est ainsi qu'un même personnage, dieu, héros, homme, figurant dans la légende ou la tragédie qui en est la puissante interprète, se reconnaît toujours, sans que l'artiste renonce en rien à son originalité.

(1) L'Histoire romaine à Rome^ quatre vol.

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L'énumération des œuvres trouvées dans le sol de l'Italie serait longue et prouverait seulement que Rome avait beaucoup encouragé les artistes grecs, ou qu'elle avait enlevé à la vieille patrie de l'art un grand nombre de ses plus beaux ornements.

Il y a peu à dire de la peinture athénienne. Les chefs-d'œuvre de Polygnote, de Zeuxis, de Parrhasios et d'Apelle ont péri, parce que le bois et la toile — en supposant que la toile ait servi aux peintres — sont moins durables que la pierre et le marbre. L'airain lui-même a disparu presque complètement, et il ne reste rien des statues chryséléphantines. Les métaux précieux tentaient ceux que la beauté ne pouvait toucher.

La peinture n'est venue qu'après la sculpture. Elle est moins simple et demande un art plus consommé. Athènes la porta très loin, et des exemples nombreux permettent d'apprécier le succès qu'elle obtint.

Polygnote, contemporain de Phidias, a un style fier et simple. Son dessin est d'une eorrection parfaite et d'un beau caractère. Il est de ces artistes qui ne veulent pas rester stationnaires et dont l'heureuse initiative ouvre des voies nouvelles. Il avait peint sur le Pœcile les combats des Athéniens contre les Amazones, sous la conduite de Thésée, et dans le temple des Dioscures,les filles de Leucippe enlevées par Castor et Pollux (1).

Tauriscos a peint Gapanée; Timanthe Agamemnon assistant voilé au sacrifice d'Iphigénie; Timomaque Iphigénie en Tauride, Ajax et Médée; Anti-

(1) Pausanias, Attique, XVIII.

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