‹ Les institutions d'AthènesChapitre 278 sur 335 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

phile, rival d'Apelle, Hippolyte. Zeuxis représente Zeus au milieu des douze dieux. Il perfectionna les procédés artistiques, plus importants qu'on ne le croit pour les progrès et l'éclosion des grandes œuvres. 11 avait de la noblesse, de la grandeur, et, tout en restant fidèle à la vérité, donnait à ses personnages tout le charme et toute la perfection de l'idéal. Euphranor peignit l'Olympe, Parrhasios des héros, Hercule, Persée, Achille, Ulysse. Il avait un charmant coloris, peignant tout en rose, comme le lui reproche Euphranor, mais élégant, spirituel, s'inspirant de ce qui l'environnait, et jaloux d'offrir les Athéniens aux Athéniens. On dit qu'il les avait représentés de manière à exprimer leurs qualités et leurs défauts. De quel côté penchait la balance? L'accueil fait par le peuple à ses tableaux ne permet pas d'en douter. Sa qualité dominante était la grâce.

Euphranor, contemporain de Lysippe, cherchait les grands sujets et les traitait avec vigueur.

Euphranor était peintre, sculpteur, écrivain. Phidias peignit comme il sculpta, Polyclète et Myron suivirent son exemple, et Zeuxis modela en terre. Protogène en bronze. Platon et Pyrrhon furent peintres, Socrate et Gratinas le poète tragique, sculpteurs; Hippodamos, architecte du Pirée, était orateur.

Le XV® siècle et le xvi® ont présenté en Italie le même spectacle, et Michel-Ange, pour ne citer qu'un exemple, fut à la fois peintre, sculpteur, architecte et poète. Est-ce que tous les arts ne se tiennent pas? Ne sont-ils pas tous les interprètes de l'âme? Le mode d'expression change, l'inspiration est la même.

et avec des instruments différents le génie reproduit ce qu'il conçoit et ce qu'il sent.

Que de regrets en présence des souvenirs éveillés par cette revue du passé ! Les monuments ont presque tous disparu et les ruines disent ce qu'ils ont été. Les statues entières ou mutilées, les bas-reliefs, les colonnes sont des témoins des prodiges de l'art. Si Xerxès, maître d'Athi^nes, en emportait les statues d'Harmodios et d'Aristogiton, c'est qu'il en appréciait la valeur. Si Rome dépouilla Athènes pour s'enrichir, si elle encouragea ses artistes, si, plus tard, Constantinople se para de ce qui avait longtemps fait l'ornement et était alors la consolation de la noble ville découronnée, c'est que le beau a toujours son attrait, et qu'on l'aime d'autant plus que Ton se sent moins en état de le produire.

Il eût mieux valu, dans l'intérêt de la conservation des œuvres d'art, qu'elles fussentmoins recherchées. Celles qui étaient composées de riches matériaux, comme l' Athéna du Parthénon, n'auraient pas échappé à l'avide cupidité d'un vainqueur quelconque. Les autres, protégées par l'ignorance et la grossièreté, qui n'auraient pu en tirer aucun parti, nous resteraient peut-être.

4. La poésie, l'éloquence, l'histoire, la philosophie, la musique, l'architecture, la sculpture, la peinture, manifestations diverses et sublimes du génie athénien, ont concouru de tout temps à l'éducation du peuple. Il y a dans les États un esprit public qui se forme de toutes les supériorités dominant la masse et l'entraînant. « Les Athéniens passent

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