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LA RELIGION

La religion en général.

1. L'homme n'est pas isolé sur la terre. S'il a au-dessous de lui des êtres et des objets auxquels il commande et dont il se sert, sa conscience lui révèle qu'il est soumis à une puissance supérieure envers laquelle il a des devoirs à remplir.

La religion est le lien qui le rattache à cette autorité invisible et souveraine. Ainsi, son isolement cesse, sa faiblesse est fortifiée , les ténèbres de son ignorance se dissipent, et une destinée suprême apparaît à son cœur avide de bonheur.

L'homme a, de tout temps, donné raison à cette pensée de saint Augustin : «Vous nous avez faits pour vous, ô Dieu, et notre cœur est tourmenté jusqu'à ce qu'il se repose en vous (1). ))I1 a cherché ce

(1) Cité de Dieu. Fecisti nos ad te, Deus, et irrequietum est cor noslrum, donec requiescat in te.

premier être nécessaire avec l'ardeur qu'inspire le besoin, et, quand il ne l'a pas trouvé dans sa vérité, il a couru à tout ce qui en paraissait l'image. « L'esprit croit naturellement, dit Pascal (1), et la volonté aime naturellement, de sorte que, faute de vrais objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux. »

La religion occupe donc une grande place dans la vie de Thomme. On n'aurait qu'une idée incomplète de sa nature et de sa destinée, si Ton ne se rendait compte de l'influence exercée sur sa vie parla notion qu'il a de la divinité.

Il en est ainsi des peuples. Il leur faut une foi religieuse et un culte qui la manifeste. L'histoire n'offre, sous ce rapport, aucune exception, et, s'il y a des différences entre les temps et les lieux, si la connaissance et la pratique de la vérité ont des degrés, il y a un point sur lequel les historiens, les philosophes et les hommes d'État sont d'accord : c'est qu'une société ne peut vivre sans religion.

Les témoignages sont, sur ce point, si nombreux et si décisifs qu'il est inutile d'en citer un seul. Ce consentement unanime a une force devant laquelle tombent tous les efforts et toutes les subtilités du scepticisme et de l'impiété.

Ces religions diffèrent entre elles; elles ne sont pas d'accord avec elles-mêmes, et les inconséquences abondent. Le propre de l'erreur est de varier et d'offrir ainsi, tour à tour, diverses faces de la vérité qui feraient illusion au croyant et à l'observateur, si ce changement môme n'était un signe d'erreur.

L'histoire des religions créées ou adoptées par les

(1) Pe7isécs, VIII , H .

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