‹ Les institutions d'AthènesChapitre 290 sur 335 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

par chaque république (l ). b La première convient au théâtre, la seconde au monde, la troisième à la cité. Elles contribuent en proportions diverses à former la religion officielle, dans laquelle aucun culte ancien n'est aboli, et qui s'ouvre volontiers aux innovations jugées utiles.

o. Plutarque trouve l'origine des dieux : l'^ dans les météores et les phénomènes naturels; 2° dans les divinités bienfaisantes; 3^ dans les divinités malfaisantes ; i^ dans les actions inspirées par des mobiles divers ; 5° dans les affections; 6° dans l'imagination des poètes; 7° dans les hommes qui, par leurs services, leurs bienfaits, leurs vertus, leurs exploits, leur puissance, leur gloire, se sont élevés au-dessus des autres.

Lorsque l'homme eut perdu la notion vraie de la divinité, il dut chercher, afin d'apaiser le besoin de son intelligence et de remplir le vide de son cœur, à la remplacer par ce qui lui paraissait plus grand que sa propre nature, et qu'il ne pouvait ni atteindre ni expliquer. »

Les astres, qui le frappaient par leur grandeur, leur ordre, leur multitude, provoquèrent d'abord son admiration. Il voyait en eux des corps d'une puissance prodigieuse, et comme il ne connaissait ni leur nature, ni leur rôle, ni leurs rapports avec la terre, comme cependant il les vit assujettis à des lois que l'observation lui révéla successivement, il s'inclina devant eux et leur adressa ses hommages.

Des phénomènes éclatent dans les airs, la foudre

(1) Opinion des 2)hilosophcs,], 6.

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gronde, l'éclair sillonne la nue, la grêk exerce ses ravages, la pluie inonde le sol ou entretient en lui une féconde humidité, les flots sont soulevés et se précipitent en montagnes mugissantes, les vents luttent avec fureur, la terre se pare de verdure et de fleurs, elle se couvre de moissons et de fruits, elle devient triste et nue, de vastes forêts couronnent ses coteaux, des pics escarpés élèvent jusqu'au ciel leur cime, de frais bocages coupent ses vallées, le ruisseau murmure à travers les rochers ou les prairies, le fleuve s'élance majestueux dans les plaines, et va portera l'Océan le tribut de ses eaux. C'est la force et la grâce, ce qui inspire la terreur et fait naître l'espérance, et c'est partout le mystère, car l'homme, qui voit les effets, s^efforce souvent en vain de découvrir les causes, et, s'inclinant devant ce qu'il ne peut concevoir, il l'adore. Aussi, Xénophon a-t-il pu dire : « La terre était une divinité, et le sol de chaque partie de la terre était consacré à des divinités locales, que l'on essayait de se rendre favorables, quand on y portait la guerre (i). »

La famille* est le premier berceau de la religion. L'existence y est calme ou troublée, la santé aflermie ou chancelante, le travail stérile ou fécond. Les enfants, groupés autour du père, font sa joie, et le foyer domestique est le centre de toutes les affections. Il est aussi le premier sanctuaire. C'est là que l'on adresse ses prières et ses sacrifices au Dieu que la reconnaissance, la terreur, l'admiration, le besoin ont créé.

Le père, avec sa triple autorité de prêtre, déjuge

(1) Économie] lies, ch. V.

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