‹ Les institutions d'AthènesChapitre 293 sur 335 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

aient été des hommes élevés au-dessus de leurs semblables par des bienfaits, des actes glorieux, une puissance souveraine.

Cette dernière classe fut sinon la plus nombreuse, du moins celle qui offrit aux poètes une plus ample moisson de récits, aux villes des fondateurs, aux États des divinités protectrices. Elle se distinguait des autres dieux par une histoire dont la poésie et les arts s'emparaient avec un égal succès. Elle touchait à la vie réelle, et tout dans la cité rappelait leur souvenir, tout portait la trace de leur intervention, comme, dans la famille, revivait à chaque instant la mémoire des ancêtres.

Les idées de culte et d'ancêtres se confondaient. On s'efforçait de remonter aussi haut que possible. C'était une satisfaction que la vanité de tous les temps a recherchée, et chacun, sentant sa faiblesse, y cherchait la garantie d'une protection efficace.

Des hommes on s'élevait aux héros, des héros aux demi-dieux, des demi-dieux aux dieux. La famille, la tribu, la cité ne restaient pas dans l'isolement et dans l'abandon. Le personnage éponyme , de qui la communauté plus ou moins étendue tirait son nom, était le fils du dieu local ou un homme né de la terre et placé dans le ciel. Il s'agissait moins encore de venir de loin que de n'avoir pas de solution de continuité dans la succession. « Hommes et dieux, dit Pindare (1), ont même origine. C'est d'une seule et même mère que nous tenons la vie, les uns et les autres. Toute la différence est dans la force. L'homme ne peut rien, et le ciel d'airain est une demeure k

(1) Néméennes, VI, 1.

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jamais inébranlable. Pourtant, un grand esprit, une belle nature nous rapproche un peu des Immortels, quoique nous ignorions, durant nos nuits, vers quelle halte d'un jour il est écrit par le sort que nous devons courir. »

Saint Augustin, qui a recueilli de si précieux témoignages sur le polythéisme, croit que, d'après l'opinion des écrivains les plus érudits et les plus sérieux, les grands dieux, dont l'histoire rappelée par les poètes était contenue dans la tradition et acceptée par les chefs d'État, ont été des hommes (1).

Les théogonies.

1. La religion officielle de l'Ionie et de la Doride est tout entière dans VIliade et dans VOdyssée. Les Troyens avaient les dieux de leurs ennemis, et parmi eux, des protecteurs ; l'Olympe, comme la terre, est divisé en deux camps ; mais dans les murs comme sur le rivage de Troie, dans les longues et périlleuses courses d'Ulysse, comme à son retour à Ithaque, nul ne néglige le culte des dieux qui le poursuivent de leur haine.

L'encens, les prières, les sacrifices rendent lesdieux favorables. La négligence de ce qui leur est dû provoque des vengeances et attire des malheurs.

Au vi^ chant de VIliade, l'augure Hélénos engage

(1) Voir Cité de Dieu, VII, 18.

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