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CHAPITRE X

son frère Hector à quitter le combat et à rentrer dans Troie pour apaiser la colère d'Athéna. Hector trouve dans le palais « décoré de superbes portiques, » sa mère, qui, après l'avoir embrassé, veut lui faire réparer ses forces « par la douce liqueur du vin qui ranime le combattant épuisé. » H pourra faire des libations en l'honneur des Immortels.

« Je respecte trop Zeus, répond Hector, pour lui offrir des libations avant d'avoir versé sur mes mains une eau pure; il n'est pas permis, étant souillé de sang et de carnage, d'implorer le dieu assis sur les sombres nuées. »

Il y a chez les Grecs et les Troyens le même respect des rites sacrés, le même sentiment qui ne permet pas de s'approcher des autels sans s'être purifié.

c( Mais toi, ajoute Hector, rassemblant les matrones les plus respectables, va, chargée d'encens, au palais de la guerrière Pallas; et, posant sur ses genoux le plus beau et le plus grand des voiles que tu as dans ton palais, celui qui t'est le plus cher, promets-lui d'immoler dans ce temple douze génisses encore exemptes du joug, si, touchée de compassion en faveur de notre ville, des femmes des Troyens et de leurs tendres enfants, elle éloigne de nos murs sacrés le fils de Tydée, ce combattant féroce qui sème l'alarme dans tous les cœurs. »

Les dieux d'Homère ne diffèrent des hommes que parleur puissance. Ils en ont les passions, les intérêts, les mobiles. Ils se laissent toucher, ils se montrent intraitables, et toujours pour des motifs humains.

Thétis demande à Zeus de donner la victoire aux Troyens, afin de glorifier son fds Achille retiré sous sa tente. « Si jamais, entre les Immortels, lui dit-elle, je te fus utile, soit par mes discours, soit par mes actions, exauce aujourd'hui ma prière (1). »

Les deux armées font un traité, et Zeus devient le gardien de la foi jurée.

Lorsque, en vertu d'une convention, Paris etMénélas combattent l'un contre l'autre, pour mettre fin à la guerre, le coupable oublie les dieux. Paris lance, le premier, son javelot, confiant en ses forces et sans solliciter aucune divine protection. Ménélas invoque le père des dieux. « Puissant Zeus, s'écrie-t-il, punis l'agresseur, le perfide Paris ; abats-le par mes mains, afin que l'on tremble, dans les races futures, d'insulter celui qui nous reçoit dans sa maison et nous prodigue son amitié (2). » On sait d'avance quel est celui à qui doit appartenir la victoire.

Zeus n'est pas le protecteur de la morale — rôle difficile sans doute pour lui avec son histoire, — mais défenseur du foyer domestique et des droits de l'hospitalité.

Lorsque Héré veut faire rompre la trêve par les Troyens, Zeus ne résiste pas. Et cependant il sait ce qui va arriver. « Quels crimes si grands ont donc commis envers toi Priam et ses fils, pour que tu désires, avec tant d'acharnement, renverser la fameuse Troie? De toutes les villes que les enfants de la terre habitent sous le soleil et sa voûte étoilée, il n'en est aucune qui soit plus chère à mon cœur que

(1) Iliade, chant ^^

(2) Iliade, chant III.

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