CHAPITRE XI
t'ont donné d'être dompteur des coursiers et sauveur des vaisseaux, »
Dieu des navigateurs, il a un culte étendu, et ceux qui affrontent les dangers de la mer redoutent sa colère. Son influence décroît avec les progrès de la navigation, et son culte s'adoucit au contact des dieux plus secourables. Vaincu par Athéna, qui donna un nom à la cité, il n'entoure pas moins de sa protection le pays et les habitants. Olympie et Delphes l'honoraient particulièrement, mais Athènes était le séjour favori du dieu armé du trident, et dont le char était emporté sur les ondes par des monstres marins.
Héphaïstos ne sortit pas de Fimagination des Athéniens amoureux de la beauté. Laid et contrefait, rendu boiteux par la colère de Zeus, son père, qui le précipita dans l'île de Lemnos, il était l'objet de la risée des dieux et présidait au feu et aux volcans. Les Cyclopes travaillaient sous ses ordres. Habile ouvrier, il forgeait les foudres de Zeus, et dompteur de toutes choses (1), il enseignait à faire naître sous un marteau industrieux, par la transformation et l'union des métaux, les œuvres les plus délicates. Les poètes l'avaient uni à la plus belle des déesses, à la beauté même, Aphrodite, et sa mère Héré, quoique peu flattée d'un pareil fils, avait pour lui une grande tendresse.
2. Héré, sœur et femme de Zeus, fille de Chronos et de Rhéa, avait plus d'orgueil que de pouvoir. Implacable dans ses haines, elle veillait cependant
(1) llavôajxâTws.
600 INSTITUTIONS d'ATHÈNES
sur l'Honneur etla fécondité des mariages. Reine des dieux, elle occupe fièrement son trône dans l'Olympe, le diadème sur la tête et le sceptre à la main ; elle se mêle peu aux affaires des hommes, satisfaite de sa grandeur solitaire et des hommages dont elle est l'objet. « Reine immortelle, lui dit un chant sacré (1), d'une beauté incomparable, glorieuse épouse et sœur de Zeus tonnant; dans le vaste Olympe, tous les bienheureux, pleins de respect, Thonorenî, à l'égal du dieu que réjouit la foudre. ))
Hestia, au contraire, siège au foyer domestique dont elle assure Thonneur et la prospérité. Belle, noble et sévère, elle garantit la perpétuité dans la famille, comme la récompense de la fidélité à son culte. Le feu qui brûle dans l'enceinte privée dont elle partage la protection avec Zeus, est le symbole de ce feu intérieur qui, enfermé dans le sein de la terre, répand de tout côté une vie féconde. Nulle divinité ne semblait plus étroitement associée aux destinées particulières et à celles des cités. Hestia devait la vie à Ghronos et à Rhéa. Son culte, qui remontait aux Pélasges, était en honneur chez tous les peuples venus de l'Asie, et les Troyens n'invoquaient pas moins sa protection que les Grecs, leurs ennemis. Elle avait un sceptre à la main et un brasier à ses pieds. Seule, parmi toutes les divinités, elle était l'objet d'une confiance filiale et d'une tendre vénération. On redoutait les autres dieux, on Faimait.
Aphrodite, fdle de Zeus et de Dioné, ou de l'écume des eaux, déesse de la beauté et des plaisirs, résidait
(1) Hymnes homériques, XI.