CHAPITRE XI
dans les cieux, sur la terre, au sein des flots, exerçant sur les hommes et les dieux un empire absolu. Elle présidait à la transmission de la vie, se plaisait aux jardins, domptait les plus fiers courages, et justifiait, par son culte, tous les débordements des passions. Les épithètes attachées à son nom, et dont chacune indiquait une qualité, un attribut ou une fonction, montrent l'importance et l'étendue de son culte. On en comptait deux cent quarante-trois. Egée et le roi Porphyrion l'avaient introduite en Attique. Elle n'avait cependant aucune fête publique à Athènes. « Je vais chanter Gythérée, née à Chypre, dit le poète (1). Elle fait aux mortels de doux présents; son aimable visage toujours sourit, et elle porte la gracieuse fleur de la beauté. » Elle était honorée d'un culte secret parmi ceux dont elle secondait les plaisirs et flattait les passions.
Athéna était sortie tout armée du cerveau de Zeus. La Grèce l'honorait sous des noms divers, et chaque cité recherchait sa puissante protection. Douée d'un sens exquis, prudente et industrieuse, elle était la mère des arts, la conseillère des chefs de peuple, l'inspiratrice des gouvernements. Elle réunissait à la sagesse qui dirige les âmes la vaillance qui dompte les corps. Athènes était sa ville de prédilection. Elle lui avait donné son nom, accueillait avec bonté ses hommages, et veillait avec un soin jaloux sur ses destinées. Ses fêtes étaient les plus splendides de toutes celles que célébrait la cité avide de pompes et de spectacles. Les épithètes par lesquelles on la désignait témoignaient de la diversité de ses occu-
(1) Hymnes homériques, IX.
pations, de l'étendue de son pouvoir, et de la générosité de son intervention dans les affaires humaines.
Elle était armée d'un bouclier, d'une lance d'or, et la chouette qui surmontait son casque lui servait de symbole, comme de signe de protection pour sa ville chérie. « Je commence par chanter Athéna- Pallas, divinité redoutable, protectrice des cités; elle s'occupe avec soin des travaux belliqueux, et des villes dévastées, et des clameurs, et des combats ; elle est aussi la sauvegarde des armées au départ et au retour (1). »
Et dans un autre chant : « Déesse glorieuse, aux yeux d'azur, ingénieuse, au cœur inflexible, vierge pudique, protectrice des cités, vaillante Tritogénie, que le prudent Zeus seul, de sa tête majestueuse, enfante, couverte d'armes de guerre, d'or, étincelantes, et, à son aspect, l'admiration saisit tous les Immortels (2). »
Déméter, fille de Chronos etdeRhéa, était la mère et la nourrice commune du genre humain. Elle lui avait enseigné Tagriculture en lui apportant les grains qui devaient la nourrir. Son sanctuaire d'Eleusis était renommé dans toute la Grèce, et les mystères qu'on y célébrait attiraient une foule nombreuse d'initiés, de croyants ou de curieux. Elle était couronnée d'épis et portait une faucille à la main.
L'histoire de ses malheurs a été chantée par tous les poètes. L'hymne homérique (3) raconte comment
(1) Hymnes homériques , X.
(2) Ilf/mnes homcrigues^ XXVIII.