‹ Les institutions d'AthènesChapitre 309 sur 335 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

elle chercha longtemps sa fille Perséphoné, que le roi des enfers avait enlevée, et rappelle « ses augustes mystères qu'il n'est permis ni de négliger, ni de sonder, ni de divulguer, car le profond respect des dieux retient la voix. Heureux parmi les hommes qui habitent la terre, celui à qui les choses saintes ont été dévoilées ; l'homme non initié aux mystères et qui n'y participe pas, ne peut avoir une semblable destinée, même mort, sous les épaisses ténèbres. »

La dernière des grandes déesses, x\rtémis, fille de Zeus et de Léto, était l'amante des bois, la belle chasseresse, honorée au ciel, sur la terre, aux enfer^^, ce qui lui valait le nom de Triple Hécate. Farouche, elle fuyait les villes et se plaisait en la compagnie des Amazones. Ses autels furent, en plusieurs endroits, notamment en Tauride, arrosés de sang. Vêtue d'une courte tunique, elle portait un arc, et une biche ou un chien l'accompagnail. C'est l'Artémis terrestre que chante l'hymne homérique, « la bruyante Artémis, au fuseau d'or, vierge pudique, terreur des cerfs, fière de ses flèches, sœur d'Apollon, cài glaive d'or. Sur les montagnes pleines d'ombre, sur les cimes battues des vents, charmée de la chasse, elle tend un arc d'or et lance des traits mortels. » Mais il la montre aussi sous un aspect plus aimable, lorsque, après avoir détendu « son arc flexible, elle entre dans la vaste demeure de son frère chéri, de Phébus-Apollon , chez le riche peuple de Delphes, pour former l'aimable chœur des Muses et des Grâces (1). »

Si ces dieux avaient commencé, ils ne devaient

(1) Hymiiej homériques, XXVII.

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pas finir. Pour eux seuls, l'immortalité était un privilège incontesté. Ils ne devaient, en effet, subir aucune de ces transformations par lesquelles passaient les âmes humaines après la mort, et c'était une affirmation de plus de leur supériorité.

Ils pouvaient cependant perdre temporairement leur divinité. Mais comme c'était dans un seul cas, qui dépendait absolument d'eux, ils évitaient cette terrible déchéance. Ils juraient par les ondes des lacs du Styx (1); s'ils violaient leur serment, ils étaient privés de nectar, et dépouillés de leur divinité pendant neuf, cent, et même neuf mille ans.

Les dieux étaient trop satisfaits de leur état, pour qu'ils s'exposassent à en perdre les privilèges.

3. Au-dessous de ces grands dieux qui siègCciient dans l'Olympe sur des trônes d'or, et composaient le conseil de Zeus, il y avait une foule de dieux secondaires. Les hymnes homériques, qui chantent avec autant de respect que de piété la naissance, les actes et les attributs de ces puissantes divinités, ne dédaignent pas les autres. Quelques-unes tiennent au ciel par leur père et leur mère; d'autres par l'un d'eux seulement. Il n'y a pas, en effet, de règle absolue pour les enfants issus des dieux et des mortels. Les uns sont des dieux secondaires, d'autres des demi-dieux, et le plus grand nombre des héros.

Il n'y aurait ni utilité, ni intérêt à donner la liste de ces divinités. Le nom de quelques-unes revient fréquemment dans la poésie; d'autres, objet d'un culte restreint, ne sont recherchées que par les

{{) Hésiode, Théogonie.

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