CHAPITRE II
la Grèce, la plus grande et la plus renommée dans tout l'univers; « née du sol, elle a donné non seulement l'exemple du courage, mais encore de la douceur des mœurs, l'art de gouvej'ner les États et de pourvoir aux besoins de la vie. »
Athènes a enseigné à la Grèce « les avantages de l'agriculture, toutes ses ressources et ses usages divers. » Elle a conduit des colonies sur les continents et dans les îles; elle a cultivé avec soin les arts « qui sont utiles aux besoins de la vie, et ceux qui ne servent qu'à son agrément. »
Athènes est l'asile de tous ceux qui ont éprouvé des disgrâces dans leur patrie. Elle est devenue un entrepôt commun. « Le Pirée fut pour la Grèce un marché universel, où les fruits des pays divers, même les plus rares partout ailleurs^ se trouvent réunis en abondance. » Elle se faisait gloire de cette générosité qui ne pouvait être commune, lorsque tout étranger était considéré comme un ennemi. « Notre ville est ouverte à tous les peuples, dit Thucydide (1); point de ces lois d'exclusion qui repoussent l'étranger, qui ont peur de tout ce qu'il pourrait voir, de ce qu'il pourrait entendre et tourner à son avantage. »
Elle en faisait son profit, car elle attirait tout ce qui pouvait concourir à son bien-être ou à ses besoins. « La grandeur d^Athènes fait venir en son sein les productions de toute la terre, et les fruits même de notre sol ne sont pas d'un usage plus familier que les produits lointains (2). ))
Les grandes assemblées apaisent les esprits et
(1) H, 39 et suivants. Oraison funèbre des guerriers morts,
(2) Ib. ib.
52 INSTITUTIONS d'aTHÊNES
arrêtent momentanément le fléau de la guerre. Elles mettent en relief les qualités du corps et celles de l'esprit. Athènes les seconda et participa à celles qui, dans l'intérêt de l'union, de la paix et de la grandeur communes, se tinrent dans la Grèce. Chez elle, les assemblées furent permanentes, et offrent « aux étrangers qui la visitent, le spectacle d'une fête générale et non interrompue. »
Athènes a mis en honneur la philosophie, et si « le nom de Grecs désigne moins un peuple particulier qu'une société d'hommes éclairés et polis, » c'est à elle qu'on le doit.
(( Animés de l'amour de leur pays et jaloux de la liberté de leur nation, les Athéniens ont soutenu des combats multipliés, difficiles, célèbres, dont la gloire a égalé l'importance. » Les plus faibles ont toujours eu recours à Athènes, et Athènes ne leur a jamais manqué, lors même qu'elle avait à redouter de secourir de futurs ennemis, ou à payer cher le service qu'elle rendait.
Les Barbares, Scythes, Thraces et Perses ont aussi éprouvé la valeur d'Athènes. Les grands hommes Tavaient préparée à cette rude épreuve, elelle ne s'y montra pas inférieure à elle-même.
Une vive émulation fit la gloire d'Athènes et de Sparte. Aucune des deux cités ne voulut reconnaître la suprématie de l'autre, et si l'empire de la mer échut à Athènes, ne l'avait-elle pas mérité par sa valeur, sa discipline et les services rendus à la Grèce ?
C'est au régime démocratique qu'Athènes dût cette supériorité, et cependant, elle n'essaya pas d'imposer