CHAPITRE XI
Le Soleil, c'est quelquefois Apollon, répandant sur la terre, avec sa lumière et sa chaleur, d'innombrables bienfaits. C'est quelquefois un dieu, l'astre immense, dont le ciel se glorifie, que la terre adore, et dont les enfers regrettent de ne pas voir la face éclatante. « Le soleil, infatigable, semblable aux Immortels, traîné par des chevaux, répand sa lumière sur les hommes et les dieux ; de ses yeux, il lance de terribles regards sous un masque d'or, et luimême resplendit de rayons éblouissants; sur ses tempes, les côtés du casque, éclairés par sa tête, couvrent son gracieux visage, dont l'éclat s'étend au loin; autour de son corps, de légers vêtements brillent, agités par le souffle des vents, et, à son char, sont attelés des chevaux mâles. Là où, le soir, il arrête son char d'or et ses coursiers, il les envoie du ciel à l'Océan (1). »
Hadès a la plus haute origine, puisqu'il est fils de Chronos. S'il ne fait pas partie du conseil des dieux, il a, sur les mânes, un empire souverain. Assis sur son trône noir, au milieu de ténèbres épaisses, avec Perséphoné qu'il a ravie à sa mère Déméter, et qui passe six mois sur la terre, et six mois auprès de lui, il porte à la main un trident, symbole de sa puissance. Le chien à triple gueule. Cerbère, est à ses pieds. Quelquefois un char, traîné par quatre chevaux noirs, l'emporte à travers les immenses espaces qui s'étendent soas terre.
4. Parmi les déesses secondaires, on peut citer en première ligne la bonne Déesse, la grande Déesse,
(1) Hymnes homériques, XXXI.
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Gvbèle, Rhéa, la Terre, fille du ciel. Thémis et k Terre se confondaient. C'était « une forme de plusieurs noms, » dit Eschyle (i). Homère l'appelle (( productrice des vivants (2). » Elle resta longtemps oubliée, comme Chronos dont elle était la femme. Zeus, son fils, qu'elle avait sauvé, s'était montré peu reconnaissant envers elle , puisqu'il avait laissé négliger son culte. Et pourtant qui, plus qu'elle, avait droit aux hommages des hommes?
<( Je vais chanter la Terre, dit le poète (3), mère universelle, assise sur de solides fondements ; très antique, elle nourrit sur son sol tout ce qui existe. Tout ce qui marche sur le sol divin, tout ce qui vit dans la mer, tout ce qui vole, se nourrit, ô Terre, de ta richesse. De toi, vénérable, naissent les homm.es qui ont beaucoup d'enfants, et les arbres féconds en fruits ; c'est à toi qu'il appartient de donner des aliments aux mortels. »
La lune a une existence séparée de la déesse que l'on confond habituellement avec elle. Les poètes des premiers temps avaient multiplié les fonctions qu'ils donnaient à un petit nombre de dieux. Il se fît peu à peu une division qui simplifia les fonctions et multiplia ceux à qui elles étaient confiées. Le soleil fat distinct d'Apollon, et la lune d'Artémis ; « la lune aux ailes étendues, dont la clarté, qui se montre au ciel, part d'une tête immortelle et enveloppe la terre : elle orne toutes choses de sa splendeur, et l'air ténébreux est illuminé par sa couronne d'or. Ses rayons se répandent au loin, lorsque, le soir, au milieu du
(1) Frométhce, 208. IIoaawv civo[xâTwv (i-cocpri (xc'a.
(2) Iliade, III. (3) Hijmnes homériques, XXX.