‹ Les institutions d'AthènesChapitre 314 sur 335 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

sants et hideux prenaient place au catalogue des divinités grecques. Les Harpies, les Gorgones, les Grœes, les Sirènes, Scylla et Charybde, Échidna, le Sphinx, la Chimère, Chrysaor, Pégase, les Centaures, les Cyclopes étaient des objets d'horreur. Ces êtres, partie hommes, partie animaux, avaient leur histoire et leur rôle. Ils étaient des anneaux de cette chaîne qui de la terre remontait au ciel et touchait à tout.

5. Les héros sont associés, dans une certaine mesure, à l'existence divine. Pour la plupart, ils sont nés de dieux ou de déesses. Ils ne sont tout à fait ni de la terre ni du ciel, mais ils participent de la puissance et de la faiblesse des deux.

Les héros s'imposent à l'admiration et au culte par les services qu'ils ont rendus et les grandes choses qu'ils ont faites. A leur tète, on place Hercule, fils de Zeus et d'une mortelle, Alcmène. Ses travaux ont pour théâtre toute la Grèce, et les monstres dont il la délivre ont fait à son nom une gloire immortelle. Il est la force qui triomphe de tous les obstacles, et la faiblesse qui laisse aux passions toute leur liberté. Il meurt victime de la vengeance d'une femme, et sa mort le fait dieu sans qu'il cesse d'être homme. « Le feu consuma bientôt tout ce qu'il y avait de terrestre et de mortel en lui. Bientôt, il ne lui resta rien de tout ce qu'il avait reçu, dans sa naissance, de sa mère Alcmène ; mais il conserva, par l'ordre de Jupiter, cette nature subtile et immortelle, cette flamme céleste qui est le vrai principe dévie et qu'il avait reçue du père des dieux (l).»

(1) Fénelon, Télémaque, liv. XII.

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On lui offre des sacrifices comme à un dieu, et on lui rend des honneurs comme à un héros (1).

Argos apporte de Libye la semence du Lié ; Danaos est le père de la race grecque ; Agénor donne les chevaux à l'Argolide ; Prœtos bâtit les murailles avec les Cyclopes de Lycie ; Persée vogue sur les flots dans un coffre de bois, et monte Pégase ; Palamède invente la navigation, les poids, le calcul; Cadmos est le génie de la civilisation importée; Castor et Pollux restent fraternellement unis sur la terre et aux cieux ; les cinquante Argonautes ne sont pas des aventuriers qui vont à la découverte de trésors, mais des hommes supérieurs qui veulent ouvrir à l'activité des voies nouvelles. Ceux qui ont combattu aux deux sièges de Thèbes, ceux qui ont montré leur valeur sous les murs de Troie, sont des héros, et leur nom est une protection pour une famille, une ville, une contrée, une gloire pour la Grèce entière. Tout ancêtre a ce privilège et cet honneur. Il y a, dans le lointain de toute famille et de tout peuple, quelque chose de mystérieux, qui se prête aux créations de la tendresse et aux inventions de la vanité. Les ancêtres sont devenus des héros. Honorés d'abord au foyer domestique, ils ont successivement reçu le culte de la race, de la phratrie, de la tribu, et enfin de la cité tout entière.

Athènes avait ses héros et gardait fidèlement leur culte. Les anciens rois n'étaient pas oubliés, quand la démocratie dominait, et Thésée avait son temple comme Érechthée. Les héros éponymes des tribus étaient honorés en public, comme les héros des (l) Hérodote, II, 44.

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