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CHAPITRE XI

alors, les bienheureux immortels tremblent devant lui, et renoncent à leur dessein (1). »

Il y eut encore des résistances, mais non plus des révoltes.

Zeus menace Héré de l'accabler « de son bras invincible (2). )) Héré reconnaît ce pouvoir. « Que ta volonté soit une loi, dit-elle, dans sa rebelle impuissance, mais n'espère pas obtenir les suffrages de tous les dieux (3). »

Atlîéna se plaint, mais se soumet. « Mon père, dit-elle, s'abandonne à son aveugle courroux, divinité inflexible, souvent injuste, qui s'oppose à l'impétuosité de mon courage.... Zeus me hait (4). )>

Cependant Héré ne cesse pas d'être femme. Alors même qu'elle semble n'avoir plus rien à espérer, elle n'abandonne pas son redoutable époux. Elle le flatte, multiplie les séductions, cherche les côtés faibles, et fait quelques concessions pour en obtenir de plus importantes.

« Trois villes font mes délices, dit-elle : Argos, Sparte et la vaste Mycènes. Prends-les, lorsqu'elles seront l'objet de ton courroux : je ne veux ni les défendre, ni te les disputer. Mais si je te les enviais, si je voulais m'opposer à leur destruction, quel fruit m'en reviendrait-il? N'es-tu pas le plus puissant des Immortels? Aussi, il est digne de toi de ne point anéantir mon labeur. Ne suis-je pas une déesse issue du même sang que toi? Ne suis-je pas la plus honorée

(1) Iliade, ch. 1er

(2) Ibidem.

(3) Ibid., ch. IV.

(4) Ibid., ch. VIII.

des filles de Chronos, moi qui m'enorgueillis d'être appelée la sœur et l'épouse du souverain des dieux? Ayons donc Tun pour l'autre des égards mutuels, et les autres divinités suivront notre exemple (1). »

7. Zeus a plusieurs demeures : l'Olympe et l'Tda, la Pélasgiotide et la Mysie, deux patries des anciens habitants de la Grèce. Il fait des voyages. « Hier, Zeus, suivi de tous les dieux, se rendit aux extrémités de l'Océan, chez les habitants vertueux de l'Ethiopie, pour assister à leurs fêtes. Le douzième jour, il remontera dans l'Olympe (2). »

Manger est pour les dieux une nécessité dont ils font un plaisir.

Dans V Odyssée, Hermès est envoyé à Calypso pour obtenir la délivrance d'Ulysse. « Suis-moi, lui dit la déesse; je vais t'offrir les mets que l'on présente à des hôtes. » A ces mots, la déesse dresse une table, la couvre d'ambroisie, et mélange le nectar pourpré. Le meurtrier d'xVrgos savoure le breuvage et les mets (3). »

Dans V Iliade, Héphaïstos présente à tous les dieux, selon leur rang, le divin nectar qu'il puise dans une urne profonde. « Comme ils le voient s'agiter et courir de tout côté dans le palais, ils font retentir la voûte fortunée d'un rire éclatant et prolongé. Hs se livrent ainsi au festin, jusqu'au coucher de l'astre du jour. Tous participent également à l'abondance, prêtant l'oreille aux sons de la lyre divine, qui était

(1) Iliade, ch. IV.

(2) Ibid., ch. I".

(3) Chant V.

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