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CHAPITRE XI

dans la main d'Apollon, et aux accents des Muscs faisant entendre tour à tour leur voix harmonieuse. Dès que la lumière brillante du soleil a disparu, ils vont chercher le repos dans les palais qu'Héphaïstos avait construits pour chacun d'eux avec une savante industrie (l). »

Les déesses font leur toilette comme les femmes mortelles. « Athéna laisse tomber jusqu'à ses pieds, dans le palais de son père, le beau voile tissé de ses mains, et, revêtant la cuirasse du dieu qui assemble les nuées, elle s^arme pour de déplorables combats (2). »

Elles n'ont pas assez de leur beauté immortelle. Il faut que l'art mette à leur disposition les moyens qu'il a inventés pour réparer les imperfections de la nature et les outrages des ans. « Héré, avec l'ambroisie, purifie son corps attrayant, et le parfume légèrement d'une huile divine, qui lui a été offerte en sacrifice. Les suaves exhalaisons se répandent à la fois dans le palais de Zeus, sur la terre et dans le ciel. Lorsqu'elle s'est parfumée, elle peigne ses cheveux, forme de ses mains les belles tresses qui tombent d'une tète immortelle, et revêt un manteau divin, œuvre admirable d'Athéna, ornée de dessins merveilleux (3). »

Aphrodite a une ceinture « qui renferme tous les mystères de l'amour (4j. » Elle la confie à Héré, qui n'a pas hésité à employer le mensonge pour l'obtenir,

(1) Iliade, ch. l^r.

(2) IbicL, ch. VIII,

(3) Ibid., ch. XIV.

(4) Ibidein.

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et qui trompe encore, par des serments, le Sommeil et Zeus lui-même. La perfidie, la duplicité sont des armes communes dans lesmains desdieux de l'Olympe, et le poète, qui parle d'eux avec une foi sans mesure, n'éprouve ni dédain, ni indignation pour des actes qui lui auraient rendu les mortels odieux ou méprisables.

Les dieux eux-mêmes ne négligent ni les soins de la propreté, ni les ressources de la toilette qui peuvent les faire valoir. Lorsque Thétis va demander des armes à Héphaïstos pour Achille, le dieu, « d'une vaste éponge, essuie sa figure, ses mains, son cou nerveux et sa poitrine velue; puis, il revêt une fraîche tunique, saisit un sceptre solide et sort en boitant (1). » Il est vrai que ses occupations rendaient ces soins nécessaires.

Les dieux échangent entre eux des mots injurieux et des reproches sanglants. Dans leur fureur, ils s'élancent les uns contre les autres et se font des blessures profondes. Sans doute, ils n'ont pas à craindre la mort, mais ils ressentent la douleur, et ils ont parmi eux un médecin qui les soulage et les guérit.

Diomède dit à îf éré qu'elle Ta autorisé a à blesser du fer de sa lance la reine de Cypre, si elle paraît dans la mêlée (-2). »

Et à propos d'Ares : « Ose le frapper de près, et cesse de respecter un dieu féroce, enivré de rage, aussi barbare qu'inconstant (3). »

(1) Iliade, ch. XVIII.

(2) Ibkl., ch. V.

(3; Ibidem.

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