‹ Les institutions d'AthènesChapitre 33 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

C'est la ville politique, intellectuelle et morale que l'on élève ainsi au-dessus des autres. Il faut savoir ce qu'elle était matériellement par ses maisons, ses portes, ses rues, ses places, ses murs, ses temples, ses monuments. Les grandes scènes sont mieux comprises et l'impression qu'elles produisent est plus profonde, quand on connaît les lieux où elles se sont passées.

3. Ébauchée par Gécrops, constituée par Thésée, la ville d'Athènes s'élevait sur une colline dont la pente est douce du côté de la mer, et coupée des autres côtés par de vifs escarpements. « La Cécropie, ou la partie d'Athènes, bâtie par Cécrops, et depuis appelée la citadelle, était située sur le sommet d'un rocher assez élevé au milieu d'une riante et vaste plaine (1). » La citadelle avait soixante stades de tour et était défendue par des palissades. Elle s'étendait, du nord au sud, sur une longueur de trois cents mètres, une largeur de cent cinquante, et une élévation de cinquante. La première enceinte fut conservée jusqu'à l'époque des guerres médiques. Les ruines accumulées par Xerxès ne dépassaient guère les derniers prolongements de l'Acropole. Les habitations avaient gagné du côté de la mer, vers laquelle les attiraient l'intérêt mercantile et les besoins de la défense.

Lorsque la ville fut reconstruite, elle embrassa les collines les plus voisines, les deux rives de l'Ilissos, et tout l'espace compris entre les longs murs qui la réunissaient à ses trois ports.

(1) EusTATHE, Commentaires sur l'Iliade.

La population s'accrut aussi dans une proportion considérable, non par l'augmentation des citoyens qui ne s'élevèrent jamais au-dessus de vingt et un mille, mais par celle des métèques que le commerce et l'industrie y attiraient, et par les esclaves que les besoins croissants du travail et du luxe entassaient dans les maisons de leurs maîtres.

Platon (1) dit que Solon avait fait avouer aux prêtres de Sais, qu'Athènes était plus ancienne, de mille ans, que leur ville. Poséidon y avait fait surgir la mer à côté de la partie la plus élevée, où s'ouvrait un gouffre, et Athéna, jugée plus bienfaisante, parce qu'elle avait produit un olivier chargé de fruits, eut l'honneur de donner son nom à la ville future.

La légende dit que le jugement entre les prétentions des deux immortels, fut rendu par les hommes et par les femmes. Il y eut une femme de plus, et Athéna l'emporta. Elle devint la déesse Poliade, et son nom fut celui de la cité nouvelle.

Erechthée, fils d'Ephaistos et de la Terre, fut confié secrètement par Athéna à Pandrose, fille de Pandion, qui garda fidèlement son dépôt pendant l'absence de la déesse. Mais ses deux sœurs, Hersé et Aglaure, ne purent vaincre leur curiosité ; elles découvrirent le mystère, la colère d' Athéna les précipita du haut de l'Acropole, et Pandrose reçut les honneurs divins.

Erechthée éleva un temple à Athéna, créa le sacerdoce des Butiades et établit les Panathénées. Plus tard, la piété populaire le fit gardien de la statue de la déesse. L'Erechthéon fut l'asile sacré

(1) Timée.

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