‹ Les institutions d'AthènesChapitre 35 sur 335 · E. CURTIUS, I · texte numérisé non relu

E. CURTIUS, I

les Athéniens étaient rentrés dans ces lieux désolés, l'olivier sacré qui avait été brûlé, repoussa dans une nuit d'une coudée.

C'était une image de la rapide résurrection de la ville par le retour visible de la déesse protectrice.

4. Deux cours d'eau peu abondants, l'Ilissos et le Céphisos, coulaient au sud et au nord, portant au pied de l'escarpement la fraîcheur de leurs eaux, sans que leur fureur fut jamais à redouter. Ils ne viennent pas de loin et leur bassin est très resserré. Grâce à la transparence de l'air, l'Athénien voyait la mer à ses pieds (1). C'était une satisfaction pour son orgueil et une leçon pour son patriotisme.

Athènes n'avait donc pas les inconvénients et les dangers d'une ville maritime, et cependant la mer s'ouvrait devant elle avec ses avantages et ses séductions, offrant un refuge naturel aux vaisseaux et se prêtant aux travaux de défense, aux armements militaires, comme aux pacifiques expéditions.

Lorsque les longs murs eurent joint les ports à la ville, les Spartiates purent poursuivre un double siège, et Athènes ruinée eut la douleur de perdre à la fois ses remparts et sa flotte (404).

« Le Pirée, dit Pausanias (2), était déjà autrefois un bourg, mais il n'y avait point de port avant l'archontat de Thémistocle. Phalère était alors le port des Athéniens. C'est là, en eifet, que la mer est la plus rapprochée de la ville....

» Thémistocle, trouvant que le Pirée était bien plus

(1) La distance est d'environ huit kilomètres.

(2) Âttigue, I.

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