CHAPITRE II
En entrant dans la ville, on rencontre un édifice renfermant tout ce qui est nécessaire aux pompes religieuses, qui se dirigeaient vers Eleusis, ou se déployaient à l'intérieur. Auprès, était un temple de Déméter avec sa statue , celle de sa fille et celle d'Iacchos, œuvres de Praxitèle.
Près de ce temple, se dressait un Poséidon à cheval. « Depuis les portes de la ville jusqu'au Céramique, régnent des portiques, devant lesquels s'élèvent des statues en bronze représentant différents personnages, hommes ou femmes, qui se sont distingués par leurs actions ou par leurs écrits. Un de ces portiques renferme quelques temples des dieux, un gymnase qui porte le nom d'Hermès... les statues d'Athéna- Paeonia, de Zeus, de Mnémosyne , des Muses et d'Apollon, faites et offertes par Eubolide, enfin Acratos, l'un des génies de la suite de Dionysos; mais ce n'est qu'une tête enchâssée dans le mur.
Après l'enceinte consacrée à Dionysos, vous trouvez un petit édifice avec des statues de terre qui représentent Amphictyon, roi des Athéniens, donnant un repas à Dionysos et aux autres dieux. Là se voit Pégase d'Éleuthère, qui introduisit à Athènes le culte de Dionysos (1).
Le Céramique tire son nom, d'après Pausanias, du héros Cérames, fils de Dionysos et d'Ariane. Pline (2) donne une autre étymologie moins noble, mais plus vraisemblable. « Chalcosthène, dit-il, fit à Athènes des ouvrages en terre crue, dans le lieu qui, du nom de son atelier, est appelé Céramique. »
(1) Attigue, II.
(2) Histoire naturelle, XXXV, 43, 2.
A droite, est le portique royal où siège l'archonte Basileus. Des figures en terre cuite représentent Thésée précipitant Sciron dans la mer, et Héméra portant Céphale qu'elle enleva, éprise de sa beauté.
Près de ce portique, sont les statues de Conon debout, de Timothée son fils, et du roi de Chypre, Evagoras, qui engagea le roi Artaxerxès à confier les vaisseaux phéniciens à Conon. Athènes ne voulait pas qu'on put lui reprocher son ingratitude.
On y trouve aussi Zeus-Éleuthérios, le grand dieu protecteur de la liberté.
L'histoire d'Athènes était ainsi représentée sous les yeux de ses enfants, qui ne pouvaient rester étrangers à aucun de ces glorieux souvenirs. La place des dieux n'était pas moins grande que celle des hommes, et à chaque pas, la piété trouvait, comme le patriotisme, sa satisfaction.
« Dans le portique qui est derrière, sont peints les douze grands dieux, et, sur le mur opposé, Thésée, la démocratie et le peuple. On a voulu exprimer ainsi que ce fut Thésée qui établit à Athènes un gouvernement fondé sur l'égalité (1). »
On y a représenté aussi la bataille de Mantinée, oii les Athéniens étaient les auxiliaires des Lacédémoniens. « Le tableau représente le combat de la cavalerie. Les personnages les plus connus sont Gryllos, fils de Xénophon, du côté des Athéniens, et Epaminondas de Thèbes, du côté des Béotiens. Ces tableaux sont d'Euphranor (2), qui a peint dans le temple
(1) Attique, III.
(2) Né à Corinthe, il florissait vers 360, et était à la fois peintre et sculpteur.