CHAPITRE II
voisin, Apollon-Patroos. Des deux statues d'Apollon placées devant ce temple, l'une est de Léocharès ; celle d'Apollon-Alexicacos est de Calamis (1). »
La mère des dieux a un temple au même endroit. Sa statue est de Phidias (2). Auprès, est le sénat des Cinq-Cents. On y remarque un Zeus-Bouléos, un Apollon de Pisias, et le Peuple de Lyson. Protogène de Caune y a peint les thesmothètes, et Olbiade, Callipos qui conduisit les Athéniens aux Thermopyles, contre les Gaulois (279 av. J.-C).
(( L'édifice nommé le Tholos est auprès du sénat des Cinq-Cents. Les prytanes y offrent des sacrifices, et on y voit quelques petites statues d'argent. Un peu plus haut sont les statues des héros dont les tribus d'Athènes ont pris les noms (3). »
On trouve ensuite Amphiaraos, la Paix tenant dans ses bras Ploutos encore enfant, l'orateur Lycurgue en bronze, Callias, qui fit la paix avec Artaxerxès, et Démosthène.
Le temple d'Ares qui vient après, renferme deux statues d'Aphrodite, une d'Ares, ouvrage d'Alcamène, une d'Athéna, faite par Locros, et celle d'Enyo, du fils de Praxitèle.
Autour du temple, on voit les statues d'Hercule, de Thésée, d'Apollon, dont les cheveux sont ceints d'une bandelette, de Caladès qui a, dit-on, écrit des lois pour les Athéniens, de Pindare qui les a loués, d'Harmodios et d'Aristogiton qui les ont délivrés de
(1) Attique, III.
(2) L'artiste de la grandeur et de la majesté. Né en Àttique en 498 avant J.-C, mort vers 430.
(3) Attique, V.
la tyrannie. Les plus anciennes de ces statues sont d'Anténor, les autres de Critias. Xerxès les avait enlevées comme trophée de sa victoire ; Antiochus les rendit (1).
2. Athènes avait deux bâtiments appelés Odéon. Cette similitude de nom indique une similitude de destination. Il est probable que le premier qui se présente aux yeux de Pausanias est celui d'Hérode Atticus (2). Il était certainement destiné aux concours de musique. Peut-être aussi servait-il de marché au blé et de tribunal oii l'on discutait les affaires relatives aux approvisionnements et les procès pour les aliments dûs par les enfants à leurs parents, par les maris à leurs femmes, par la patrie à ses défenseurs.
On voyait, à l'entrée, des statues de plusieurs rois d'Egypte, et celles de Philippe et d'Alexandre. « Les honneurs que les Athéniens ont rendus aux rois d'Egypte, dit Pausanias (3), sont fondés sur une reconnaissance réelle pour les bienfaits qu'ils en ont reçus; ceux qu'ils ont décernés à Philippe et à Alexandre sont principalement l'ouvrage de la flatterie du peuple. Quant à Lysimaque, ce n'est point par bienveillance qu'ils lui ont élevé une statue, mais parce qu'ils pensaient qu'il pouvait leur être utile. »
(1) Le soin que prenaient Alexandre et ses successeurs de rendre à Athènes ce que les Perses lui avaient enlevé, indique Timportance de ces ouvrages pour la population, au point de vue artistique et religieux. Alexandre, on le sait, ne dédaignait pas la faveur athénienne.
(2) Né à Rome en 110, il vécut longtemps à Athènes, et mourut en 186 après J.-C.
(3) Attique, IX.