‹ Les institutions d'AthènesChapitre 47 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Une autre partie du tableau représente le sacrifice de Polixène sur le tombeau d'Achille. Polygnote (1) y a peint le héros à Scyros, l'épisode de Nausicaa au V® chant de TOdyssée, Alcibiade vainqueur à Némée, et Persée portant à Polydecte la tète de Thésée.

Au-dessus de ces peintures, sont représentés un enfant portant des urnes, un lutteur de Timaénète, et le portrait de Musée.

A l'entrée de la citadelle, on trouve la statue d'Hermès-Propylaos et les Grâces, ouvrage, dit-on, de Socrate, « que la Pythie avait proclamé le plus sage des mortels. » Socrate avait sur la sculpture, la peinture et les arts utiles , des idées très élevées et très justes. Il faut lire dans Xénophon (2) les conseils qu'il donne à Parrhasios , à Cliton et à Pistias sur leurs ouvrages. Est-il étonnant qu'il ait excellé dans la pratique quand il connaissait si bien la théorie ?

On y voit la statue de Léœna, victime de sa liaison avec Aristogiton, le meurtrier d'Hipparque. Les Athéniens honoraient la fermeté dont elle fit preuve dans les plus atroces tortures. Pour ne pas trahir, même involontairement les complices de la conjuration qui délivrait Athènes, elle s'était coupé la langue. Soit à cause de sa condition, soit pour rappeler ce fait, on la représentait habituellement sous la forme d'une lionne sans langue.

« La statue d'Aphrodite qu'on voit auprès, est,

(1) 11 était de Thasos et vivait vers 39B avant J.-C. Ses peintures sont remarquables par la correction exquise du dessin, Athènes n'en eut pas le monopole.

(2) Mémoires de Socrate, lll, ch. X.

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dit-on, une offrande de Callias et l'œuvre de Calamis. Non loin de là est la statue en bronze de Diitréphés percé de flèches (1). »

Pausanias néglige des statues peu remarquables, et cite Hygiée (2) qu'on dit fille d'Asclépios, Athéna surnommée Hygiée, et une pierre assez peu élevée pour qu'un homme de petite taille puisse s'asseoir dessus.

On voit dans la citadelle un enfant en bronze, tenant un vase d'eau lustrale, œuvre de Lycios, fils de Myron; Persée coupant la tête de Méduse, par Myron; le temple d'Artémis-Brauronia, dont la statue est de Praxitèle; le cheval de Troie, en bronze, et de nombreuses statues d'hommes célèbres.

On y remarque encore Athéna frappant le satyre Marsyas; un groupe représentant le combat de Thésée et du Minotaure ; Phryxos, fils d'Athamas, sacrifiant un bélier; Hercule étouffant deux serpents; Athéna sortant armée de la tête de Zeus, et un taureau offert par l'Aréopage.

« Ceux qui tiennent moins à l'antiquité des statues qu'à leur beauté, peuvent remarquer un homme qui a un casque sur la tête et dont les ongles sont d'argent. Gléœtos en est l'auteur (3). » H est singulier que cette statue qui paraît avoir arrêté l'attention de Pausanias soit désignée d'une manière aussi vague.

Les anciens exigeaient que les œuvres de l'art répondissent à une intention religieuse, tradition-

(1) Attique, XXIII.

(2) La santé.

(3) Attique, XXIV.

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