‹ Les institutions d'AthènesChapitre 50 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

aussi une chasse au sanglier ; le combat d'Hercule et de Cycnos; Thésée retrouvant l'épée que son père Egée avait cachée sous une pierre pour le faire reconnaître (1), et immolant le taureau qui inspirait tant de terreur et faisait tant de mal aux villes de Marathon, de Zénoé, de Probolinthe et de Trychorite (2).

« Je ne saurais dire au juste pourquoi on a érigé dans la citadelle une statue en bronze à Gylon, quoiqu'il eut cherché à devenir le tyran de sa patrie. C'est, je Timagine, parce qu'il était très bel homme, qu'il avait quelque célébrité, ayant remporté aux jeux olympiques le prix de la course du double stade, et qu'il avait épousé la fille de Théogénès, tyran de Mégare (3). »

De ces diverses suppositions de Pausanias, une seule est conforme à l'esprit des Athéniens. La victoire aux jeux olympiques justifie l'érection d'une statue à Cylon, et la cruauté criminelle avec laquelle furent traités ses partisans vaincus explique la conservation de ce monument. L'hommage rendu à la beauté ne pouvait prévaloir contre l'horreur inspirée par toute tentative contre la liberté.

D'ailleurs, si «celui là est beau, selon Platon, chez qui la perfection de l'âme répond à la perfection du corps, » les Athéniens qui avaient le sentiment de cette vérité, ne l'auraient pas violée en faveur d'un citoyen dont la mémoire était maudite.

(1) Ce bas relief ou une belle copie se trouve aujourd'hui dans la villa Albani.

(2) Voir Plutarque, Thésée, XIII.

(3) Aitigue, XXVIII.

88 INSTITUTIONS d'aTHÈNES

L'Acropole renferme encore deux offrandes, dîme du butin. « La première est une Athéna en bronze érigée avec les dépouilles de Marathon, ouvrage de Phidias. Mys est, dit-on, l'auteur du combat des Centaures et des Lapithes, et des autres sujets représentés. Il aurait gravé ce bouclier et ses autres ouvrages d'après les dessins de Parrhasios, fils d'Evénor (1). La pointe de la pique d' Athéna et l'aigrette de son casque se voyaient du promontoire Sunion. C'était l'Athéna-Promachos, objet de si nombreuses reproductions (2).

La seconde offrande est un char en bronze, dîme du butin fait sur les Béotiens et sur les Chalcidiens de l'Eubée.

On y remarque deux autres offrandes : une statue de Périclès, et une Athéna, le plus admirable ouvrage de Phidias (3). Offerte par les habitants de Lemnos, elle porte le nom de Lemnienne.

Les murs de la citadelle, excepté la partie que Cimon a fait construire, ont été élevés par les Pélasges qui habitaient jadis au-dessous de l'Acropole (4).

C'est en prenant Pausanias pour guide, et en se servant de toutes les indications fournies par l'état

(1) Rival de Zeuxis, il vivait vers 49,0.

(2) Vatican. Musée, P. C. 96, Musée Chiar, 448. Musée Capit, salle des Hercules, 13, salle du Satyre, 16.

(3) Il semble que Phidias ait tenu particulièrement à la reproduction d'Athéna, comme Raphaël a été le peintre de la Vierge. « Phidias, dit M. Ampère (Histoire romaine à Rome, III, p. 236), avait reproduit sept ou huit fois, et sous différents aspects, le type de Pallas-Atliéné, de la déesse chaste, guerrière et civiUsatrice , expression de ce que la pensée religieuse des Grecs a connu de plus intelligent et de plus pur. »

(4) Atiique, XXVIII.

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