‹ Les institutions d'AthènesChapitre 51 sur 335 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

actuel du sol, que M. Beulé a pu reconstituer l'Acropole. Grâce à lui nous connaissons le plan de celte partie importante d'Athènes. Nous voyons la position et nous apprécions la beauté parfaite de ces monuments dont les hommes et le temps n'ont pu faire disparaître les ruines, et nous avons l'explication d'une admiration que les siècles n'ont pas épuisée (1). La précision du géographe grec a guidé la restauration créatrice du critique et de l'artiste.

6. En descendant des Propylées on trouve avant la ville basse une fontaine près de laquelle s'ouvre une grotte consacrée à Apollon.

Pan a un temple au même endroit.

L'Aréopage est aussi au-dessous de l'Acropole. II sert aux réunions du tribunal le plus vénéré d'Athènes.

Près de là est le temple des déesses terribles ou vénérables, auxquelles Hésiode donne le nom de Erynnies. Les divinités infernales, Hadès, Hermès et la Terre y ont leurs statues. Le tombeau d'OEdipe est dans son enceinte à peu de distance du bois sacré, où le poète, conformément à la tradition, le fait disparaître (2).

Thèbes avait disputé à Athènes le tombeau d'CEdipe. Sophocle se prononce pour une tradition plus favorable aux prétentions de sa patrie. C'est à Colone qu'il le fait mourir, et son tombeau est pour Athènes un bienfait, gage sacré de la domination future, n est bien permis de rompre la mono-

(1) Voir l'Acropole d'Athènes, par M. Beulé.

(2) Voir OEdipe à Colone, de Sophocle.

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tonie de ce rapide voyage en s'arrêtant sur « des scènes que la poésie de Sophocle nous rend présentes, scènes admirables, véritablement pleines de pathétique, de majesté, de religieuse horreur (1). » Elles permettront de comprendre le génie du poète et le goût du peuple qui tremblait et pleurait devant cette catastrophe.

« Un tonnerre souterrain se fit entendre, et à ce bruit qui les glaçait d'effroi, les deux jeunes filles tombèrent aux genoux de leur père, ne cessant de pleurer, de gémir, de frapper leur poitrine. Et lui, cependant, les avait entourées de ses bras et leur disait : « Mes enfants! C'en est donc fait? dès aujourd'hui vous n'avez plus de père; il ne vous reste plus rien de lui. Vous voilà quittes du soin de pourvoir à ma nourriture, soin pénible, je le sais bien, mes enfants; mais quelque chose en allégeait l'ennui, c'est que personne jamais ne vous aima autant que celui qui va vous quitter et sans qui vous achèverez heureusement, je l'espère, le reste de votre vie. » Longtemps ils se tinrent embrassés, pleurant, sanglotant ensemble ; à la fin, leur douleur se fatigua, leurs plaintes cessèrent, et ce ne fut qu'un grand silence. Tout à coup éclate je ne sais quelle voix dont le son terrible nous fait à tous dresser les cheveux. Cette voix divine appelait (Edipe sans relâche. CEdipe ! (Edipe ! criait-elle, pourquoi ces délais? Tu te fais bien attendre. Ainsi, pressé .par le dieu, (Edipe prie notre roi Thésée de s'approcher, et puis lui dit : « Cher prince, donne-moi ta main en signe de l'inviolable foi que tu garderas à mes filles ;

(1) Patin, Tragiques grecs, II. Œdipe à Colone^ p. 137.

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